Mercredi 5 août, lors d'une conférence de presse clandestine, le Front de libération nationale corse – Union des Combattants (FLNC-UC) a catégoriquement rejeté le projet d'autonomie de la Corse, le qualifiant de "mascarade" et lançant un ultimatum glacial aux Français non-Corses : "Restez chez vous".
Une conférence de presse clandestine
Révélée mercredi soir par le journal Corse-Matin, seul média convié à cet événement, la conférence s'est tenue dans un lieu tenu secret, à une date non spécifiée. Une quinzaine d'individus cagoulés et armés ont pris la parole au nom du FLNC-UC, dénonçant le processus d'autonomie approuvé le 23 juin par l'Assemblée nationale.
Selon les indépendantistes, ce projet de loi constitutionnelle, qui doit être examiné au Sénat à partir du 21 octobre, "aboutit à la négation de l'existence de notre peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies".
Des attaques contre les soutiens du processus
Le groupuscule s'en prend vivement à tous les soutiens de ce processus, notamment aux partis nationalistes comme Femu a Corsica, Core in Fronte et le Parti de la nation corse, accusés de "commettre une duperie sans précédent à l'égard de notre peuple" en soutenant le processus Beauvau.
Les hommes masqués visent également les "manipulateurs haut placés", la "caste de groupes financiers corses" et les collectifs antimafia, sans les nommer, mais en affirmant ne jamais pouvoir "être aux côtés de ceux qui soutiennent les logiques" de "justices d'exception" défendues par ces collectifs.
Un appel à la résistance
Le FLNC-UC appelle le mouvement national, "celui de la résistance", à trouver "les voies et les moyens de créer un nouveau rapport de force politique", sans toutefois préciser comment. Plus menaçant, le groupuscule dénonce "la colonisation de peuplement galopante" représentée par "l'arrivée massive de près de 5 000 étrangers, dont une grande majorité de Français" sur l'île chaque année, que ce soit pour y travailler ou en raison de l'augmentation "démentielle" des résidences secondaires.
Un ultimatum glacial
"Collaborer à la validation de textes constitutionnels réaffirmant […] les principes qui favorisent et vont permettre d'amplifier cette colonisation de peuplement est une grave faute politique", insistent-ils. S'adressant aux "envahisseurs", ils lancent : "En attendant que nos droits nationaux soient reconnus et respectés, nous n'avons qu'un message à leur adresser : restez chez vous" et "dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national".
Malgré ces menaces, le FLNC, qui prône "l'indépendance nationale", assure qu'il "continuera à jouer pleinement son rôle en soutenant par nos efforts de paix, pour l'heure unilatéraux, toutes les initiatives qui concourront réellement à une solution politique à laquelle notre peuple aspire depuis des décennies".
Un mouvement historique
Le FLNC, apparu en 1976 avec une profession de foi retrouvée dans les décombres de 18 attentats lors d'une première "nuit bleue", est devenu une nébuleuse opaque, résultat de scissions, luttes fratricides et recompositions. La dernière "nuit bleue" revendiquée remonte à octobre 2023, lorsque 45 explosions ont visé principalement des résidences secondaires et un centre des impôts désaffecté à Ajaccio, sans faire de blessés.



