Un refus préfectoral salué comme un « petit miracle » environnemental en Corse
Ce mercredi, un événement qualifié de « petit miracle » par l'association corse de défense de l'environnement U Levante s'est produit à Sartène. La préfecture de Corse-du-Sud a officiellement refusé les autorisations d'occupation temporaire (AOT) pour deux plages naturelles qui avaient été aménagées par le luxueux domaine hôtelier de Murtoli, fréquenté par de nombreuses célébrités et personnalités politiques.
Deux arrêtés préfectoraux mettent fin à l'occupation illégale
Deux arrêtés préfectoraux « portant refus d'occupation du domaine public maritime », proposés par le directeur de la mer et du littoral de Corse Riyad Djaffar, stipulent clairement que « la SAS MURTOLI n'est pas autorisée à occuper le domaine public maritime ». Cette décision concerne spécifiquement la plage de Murtoli et la plage Erbaju, deux sites identifiés dans le Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (Padduc) comme étant des « plages à vocation naturelle ». Ainsi, les transats et autres installations de l'hôtel doivent désormais disparaître de ces espaces protégés.
Des autorisations illégales dénoncées depuis des années
La préfecture de Corse n'a pas souhaité commenter ces décisions qui concernent un complexe hôtelier actuellement au cœur d'une enquête judiciaire pour fraudes à l'urbanisme. Cette enquête a donné lieu à plusieurs mises en examen en avril 2023, dont celle de Paul Canarelli, le créateur du domaine de Murtoli. Selon l'association U Levante, « depuis de très nombreuses années, l'État accorde deux AOT illégales à Paul Canarelli du domaine de Murtoli pour occuper par nombre de matelas, parasols et corps-morts ».
L'association environnementale souligne avec insistance que « l'illégalité de ces AOT, similaires tous les ans n'a cessé d'être signalée à l'État ». Elle précise avoir « déféré les 2 arrêtés de 2024 au tribunal administratif » et être dans l'attente de ce jugement déterminant. Pour U Levante, « c'est sans doute cette action en justice qui est à l'origine de la volte-face de l'État » et de ce refus préfectoral historique.
Cette décision représente une victoire significative pour les défenseurs de l'environnement en Corse, qui luttent depuis longtemps contre l'occupation illégale du domaine public maritime par des établissements privés. Elle met en lumière les tensions persistantes entre développement touristique et préservation des espaces naturels sur l'île de Beauté, où la protection du littoral reste un enjeu majeur pour les générations futures.



