Dans les gorges de l'Ardèche, site protégé long de 35 km, cinq écogardes sillonnent sentiers et rives pour sensibiliser les visiteurs à la protection de cet espace naturel d'exception. En cette matinée d'été, Roman et Elfi, deux jeunes écogardes, rencontrent les touristes sur la plage du Grain de Sel, à Saint-Martin-d'Ardèche, en contrebas d'Aiguèze.
Une mission d'équilibre entre fréquentation et préservation
Leur approche repose sur un principe clair : « Convaincre plutôt que contraindre », expliquent-ils. À pied ou en canoë, ils sont présents tout au long des gorges pendant les mois de juillet et août, et peut-être même jusqu'en septembre les années suivantes en fonction de la fréquentation, précise Bénédicte Raoux, responsable du pôle Éducation et communication et coordinatrice des écogardes au Syndicat de gestion des gorges de l'Ardèche.
Créé en 2013, le poste d'écogarde n'offrait que deux postes le premier été, limités aux zones sensibles. Aujourd'hui, grâce à des financements extérieurs, cinq postes sont occupés, permettant de couvrir l'entièreté du territoire. « Plus on est, mieux c'est. Cela peut aussi créer des vocations », ajoute Roman.
Un job d'été pas comme les autres
Roman, titulaire d'un BTS Gestion et protection de la nature, et Elfi, qui intègre un master de biologie, biodiversité et développement durable, découvrent ce métier pour la première fois. « C'est un super job d'été à l'extérieur, dans un cadre exceptionnel, avec une équipe jeune et dynamique », confie Elfi, 21 ans, originaire d'Aiguèze.
Ils ont suivi une formation d'une semaine, primordiale pour apprendre à descendre en canoë les gorges (y compris les rapides), mais aussi pour connaître les spécificités de chaque belvédère, les espèces protégées et les messages à transmettre. Roman, originaire de Dijon mais déjà fin connaisseur des gorges, explique : « Étant profondément attaché aux gorges, participer à leur préservation me paraît indéniable. Avant de me lancer dans l'environnement, j'aurais été content de croiser des personnes qui me sensibilisent sur ces enjeux. »
La pédagogie comme outil principal
Les écogardes animent également un stand de sensibilisation sur les marchés d'Aiguèze et de Saint-Martin-d'Ardèche. « On mise sur la pédagogie. Souvent en binôme, on adapte nos discours aux publics, différents d'un site à l'autre », explique Elfi. Sur les plages, les touristes viennent pour la baignade et la contemplation ; sur les belvédères, ils sont plus sensibles et recherchent des informations sur la faune et la flore. « Notre approche est donc différente mais le message reste le même : les informer qu'ils traversent un espace naturel protégé et inculquer les bons comportements », ajoute-t-elle.
Globalement, les visiteurs adoptent une attitude respectueuse, mais quelques comportements problématiques persistent : mégots et déchets qui causent un risque d'incendie, ou construction de barrages par les enfants qui bloquent la circulation de l'eau. « Ce n'est pas facile de leur dire de détruire le barrage qu'ils viennent de construire, mais c'est aussi une occasion de leur expliquer de manière ludique pourquoi il faut le détruire », raconte Roman, 22 ans. En cas d'infraction lourde, le garde de la réserve est contacté.
Trouver un équilibre pour un été utile
Pour Elfi, les écogardes sont là pour « trouver un équilibre entre la fréquentation estivale et la préservation de l'habitat naturel, notamment à travers le respect des zones de quiétude. C'est un été où on se sent utile. »



