Chasse : cinq associations demandent un moratoire immédiat
Chasse : cinq associations demandent un moratoire immédiat

Alors que la France traverse un été marqué par une sécheresse exceptionnelle et de nombreux incendies, cinq associations de protection de la faune sauvage ont adressé une lettre le 4 août à la ministre chargée de la Transition écologique pour réclamer un moratoire immédiat sur toute forme de chasse. L'ASPAS, AVES, Focale pour le sauvage, One Voice et le Pôle Grands Prédateurs signent ce courrier, qui intervient pour la troisième année consécutive.

Une situation critique pour la faune sauvage

Au 31 juillet, 95 des 96 départements métropolitains étaient concernés par un arrêté sécheresse, dont 21 en alerte renforcée. Plus de 91 000 hectares avaient déjà brûlé depuis le début de l'année. Pour la faune sauvage, les conséquences sont lourdes. « Beaucoup d'animaux périssent directement dans les flammes ou succombent à la déshydratation, à la fumée ou à l'épuisement », déplore Christian Perrenot, délégué régional de l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), qui évoque une situation « complètement catastrophique ». « Il y a eu des drames humains, et la biodiversité aussi a bien souffert. Probablement plusieurs millions d'animaux ont été brûlés ou blessés par les incendies ».

Pourquoi les chasseurs échapperaient-ils à cette adaptation ?

Pour l'ASPAS, la chasse ne peut rester inchangée alors que l'ensemble de la société s'adapte aux conséquences du dérèglement climatique. « Tout le monde est en train de s'adapter aux conséquences des dérèglements du climat. Les agriculteurs, entreprises, collectivités, citoyens… pourquoi les chasseurs échapperaient-ils à cette adaptation ? », questionne Christian Perrenot. L'association demande notamment la fin de la chasse pour l'été, une période particulièrement sensible pour les animaux. « Chez les mammifères, il y a plein de jeunes qui arrivent à ce moment, qui sont complètement dépendants de leurs parents. C'est encore pire que d'habitude avec les chaleurs extrêmes et le manque d'eau », souligne-t-il.

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Des zones tampons autour des secteurs sinistrés

Les associations demandent « un moratoire immédiat sur toute forme de chasse », avec une suspension dans les territoires touchés par les incendies, la canicule ou la sécheresse. Elles souhaitent également la création de larges zones tampons afin de permettre aux habitats et aux populations animales de se reconstituer. L'enjeu est aussi de protéger les animaux qui ont fui les secteurs incendiés. Le représentant de l'association cite notamment un précédent dans les Corbières, après un important incendie. Selon son témoignage, des animaux ayant survécu au feu s'étaient réfugiés dans les secteurs voisins, où « certains chasseurs de ces zones voisines invitaient ceux des zones brûlées à venir terminer les animaux réfugiés chez eux ». Il évoque également des faits similaires après les incendies de Gironde en 2022.

Une mobilisation nationale et locale

La mobilisation se poursuit à l'échelle nationale comme locale. La lettre adressée au ministère le 4 août est portée par cinq associations et intervient pour la troisième année consécutive. Sur le territoire, l'ASPAS prévoit également d'interpeller les préfectures. Une pétition en ligne « Pas de fusils sur les cendres » en faveur du moratoire a par ailleurs dépassé les 438 000 signatures. Dans leur courrier, les associations rappellent que « la faune sauvage, elle, demeure dépendante des décisions de protection », prises par les pouvoirs publics.

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