Trois associations environnementales portent plainte contre l'État français
Trois organisations de défense de l'environnement ont annoncé mardi avoir déposé un recours devant le Conseil d'État contre les autorités françaises. ClientEarth, Sea Shepherd France et Défense des Milieux Aquatiques exigent « la bonne application des lois européennes » sur la protection des oiseaux marins, estimant que la France ne respecte pas ses obligations légales.
Une catastrophe écologique invisible
Dans un communiqué conjoint, les associations dénoncent une situation alarmante : « Chaque année, des dizaines de milliers d'oiseaux marins sont tués au large des côtes françaises à cause d'engins de pêche ». Ces captures accidentelles se produisent principalement lors de pêcheries ciblant le merlu, le bar et le thon.
Les organisations soulignent le caractère particulièrement préoccupant de cette crise : « Cette catastrophe reste largement invisible, car la plupart des oiseaux marins noyés et rejetés coulent sans même s'échouer sur les côtes ». Pourtant, selon des extrapolations scientifiques, la France pourrait afficher les niveaux de captures d'oiseaux marins les plus élevés d'Europe.
34 000 oiseaux capturés annuellement selon une étude récente
Les associations s'appuient sur une étude de 2024 publiée dans la revue de la société zoologique de Londres. Cette recherche révèle que les activités de pêche françaises, particulièrement actives dans une zone à risque de l'Atlantique, seraient responsables de la capture accidentelle d'environ 34 000 oiseaux marins par an.
Ce chiffre place la France en tête des pays européens concernés, devant la Pologne (21 000 captures estimées) et le Portugal (20 000). Les auteurs de l'étude précisent toutefois que ces estimations, basées sur des extrapolations, sont probablement sous-évaluées en raison du manque de données de surveillance systématiques.
Des espèces emblématiques menacées
Parmi les espèces potentiellement touchées par ces captures accidentelles, les associations mentionnent particulièrement le guillemot de Troïl, un oiseau marin qui ressemble au petit pingouin. Cette espèce, comme de nombreuses autres, subit les conséquences directes des pratiques de pêche non régulées.
Les trois organisations environnementales accusent spécifiquement les autorités françaises de ne pas avoir mis en œuvre leurs obligations en matière de :
- Collecte systématique des données sur les captures accidentelles
- Mise en place de mesures concrètes pour réduire ces captures
- Respect de la législation européenne en vigueur
Le recours déposé devant le Conseil d'État représente une action juridique majeure visant à contraindre l'État français à mieux protéger la biodiversité marine et à appliquer pleinement les directives européennes sur la conservation des oiseaux sauvages.



