Appel de quatre militants écologistes à Poitiers pour manifestation illégale à Sainte-Soline
Appel de quatre militants pour Sainte-Soline

Quatre responsables syndicaux et militants sont jugés en appel ce mercredi à Poitiers pour « organisation de manifestation illégale » à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres. Le 25 mars 2023, des milliers de personnes avaient rejoint ce village, bravant l'interdiction préfectorale, pour s'opposer à la création d'une « mégabassine », dénoncée comme un outil de privatisation de l'eau.

Affrontements violents

Le rassemblement d'opposants à un chantier de retenue d'irrigation agricole avait dégénéré en affrontements violents avec les gendarmes. Lors d'un face-à-face violent près du chantier entre militants radicaux et forces de l'ordre, plusieurs dizaines de gendarmes et manifestants avaient été blessées. Deux opposants avaient été placés un temps dans le coma.

Première instance

En première instance à Niort il y a deux ans, des peines de six à douze mois de prison avec sursis avaient été prononcées contre des porte-paroles du mouvement écologiste des Soulèvements de la Terre et du collectif Bassines non merci (BNM), qui avaient appelé au rassemblement. Deux agriculteurs membres de la Confédération paysanne avaient, eux, été sanctionnés d'amendes.

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Criminalisation des engagements politiques

La figure de proue de BNM, Julien Le Guet, leader de la contestation contre ces projets de réserves d'eau dans le Marais poitevin, a déjà été condamné début mai, en appel, à six mois de détention sous bracelet électronique pour des dégradations lors de précédentes manifestations à Sainte-Soline en octobre 2022. Il est aussi poursuivi dans deux procédures en diffamation à Paris : l'une initiée par l'ancienne préfète des Deux-Sèvres, avec une décision attendue en juillet, l'autre engagée par un gradé de la gendarmerie, dont l'audience est prévue fin juin.

BNM dénonce une « criminalisation » des « engagements politiques » de ses militants, pour faire oublier la « violence assumée » des forces de l'ordre ce jour-là, avec plus de 5 000 tirs de grenades lacrymogènes.

Tirs tendus des gendarmes

Des vidéos tournées par les caméras-piétons des gendarmes lors des affrontements, dévoilées en 2025 par Mediapart et Libération, ont révélé le recours à des tirs « tendus », une pratique dangereuse et interdite mais encouragée par des membres de la hiérarchie. Des propos enregistrés témoignent en outre d'une volonté de blesser des manifestants.

Pour les prévenus, les « mégabassines » constituent un « accaparement » de l'eau par l'agro-industrie, tandis que leurs promoteurs, se présentant comme des agriculteurs « modestes », y voient un outil d'adaptation indispensable face aux sécheresses à répétition. Sur les 16 projets de réserves contestées dans le Marais poitevin, trois sont opérationnelles à ce jour et quatre, dont celle de Sainte-Soline, ont été suspendues au titre de la protection d'une espèce d'oiseau protégée.

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