Le chantier de sécurisation de la gare SNCF de Solliès-Pont, mené par SNCF Réseau Gares et Connexions, débutera en août 2026 par la démolition de l'ancienne halle de marchandise. Les travaux, attendus depuis plus de seize ans, visent à mettre fin à une situation dangereuse qui a causé plusieurs accidents mortels.
Un projet accéléré après des drames
Le maire de Solliès-Pont et conseiller régional, André Garron, a rappelé lors d'une réunion publique le 8 juillet 2026 que la gare, construite en 1860, a toujours représenté un danger. « La gare a toujours représenté un danger. Et il s'est aggravé récemment dû à l'augmentation de la population, et aussi du trafic beaucoup plus important avec le TGV et le TER », a-t-il déclaré. Le chantier a été avancé d'un an après le décès d'une jeune femme en septembre 2024, survenu deux mois après la mort d'une personne âgée.
Démolition de la halle et protection des chauves-souris
En août 2026, l'ancienne halle de marchandise, située près du parking, sera démolie. Un protocole de sauvegarde des chauves-souris, espèce protégée, est en cours de validation. « Nous avons tout un protocole pour la sauvegarde de ces espèces qui est en train d'être validé par les services de l'État. Nous sommes aidés par des chiroptérologues. Avec l'aide de la ville, nous allons installer des nichoirs sur des arbres à proximité de la gare », précise Souad Bakhouya de SNCF Gares et Connexions.
Stationnement provisoire et pôle multimodal
Pour implanter la base travaux dès septembre 2026, 55 places de parking seront occupées de mi-août 2026 à fin mai 2027. La ville créera 56 places provisoires avenue Sainte-Claire Deville avec mise en sens unique vers la gare. « Nous voulons un pôle d'échange multimodal à la gare de Solliès-Pont qui n'était pas prévu initialement. Il est évident qu'il faut du stationnement autour de la gare, ce qu'il n'y a pas actuellement », a souligné André Garron.
Passerelle métallique avec ascenseurs
La nouvelle passerelle, métallique et standardisée, sera équipée de deux ascenseurs et de deux escaliers fixes, répondant aux normes d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Son installation par grue est prévue le week-end des 30 et 31 janvier 2027, avec interruption totale du trafic ferroviaire pendant 24 heures (du samedi 9h au dimanche 9h). Des bus de substitution seront mis en place.
« Une fois la passerelle mise en place, nous avons un mois pour la finaliser et pour la rendre exploitable. Début mars 2027, on va supprimer la traversée piétonne et mettre en service la passerelle. On a fait le choix d'ouvrir la passerelle sans les ascenseurs de façon à limiter le risque de heurts le plus rapidement possible. Il faudra compter entre huit et dix semaines pour les installer. En attendant, des Gilets rouges aideront les voyageurs », a expliqué Souad Bakhouya.
Coût et financement
Le coût total des travaux, réalisés principalement de nuit de septembre 2026 à mai 2027 pour permettre la circulation des trains en journée, s'élève à 9,1 millions d'euros. La passerelle (3,6 millions d'euros) est financée dans le cadre de la ligne nouvelle Provence Côte d'Azur (LNPCA). La Région contribue à hauteur de 4,6 millions d'euros pour le rehaussement et l'allongement des quais, et SNCF Gares et Connexions participe à hauteur de 0,9 million d'euros.
Suppression des traversées de voie
Stéphane Cougnon, directeur du projet LNPCA pour SNCF réseau Gares et Connexions, a indiqué : « Les traversées de voie piétonnes sont estimées à presque 900 en France, que nous avons tous le désir de voir supprimer. Grâce au projet de la LNPCA, les traversées de voie piétonnes que nous avons aussi sur les gares de Cuers, Puget-Ville et Carnoules seront supprimées dans les deux ans qui viennent et remplacées par des passerelles. »
Navette toulonnaise à l'horizon 2030
D'ici 2030, la navette ferroviaire toulonnaise (service express régional métropolitain) sera mise en service entre Saint-Cyr-sur-Mer et Carnoules. « Soit un train régional toutes les 15 minutes en heure de pointe entre le pôle d'échange multimodal de Saint-Cyr et La Pauline-Hyères et un train toutes les demi-heures entre La Pauline, Carnoules d'un côté et La Pauline-Hyères de l'autre côté. Cela sera, nous l'espérons, de nature à profondément changer le rapport au train », précise Stéphane Cougnon. La capacité du réseau passera à dix-huit trains par jour entre La Pauline-Hyères et Carnoules, contre onze actuellement.



