Ce jeudi 2 juillet 2026, un incendie survenu près de Rognac, dans les Bouches-du-Rhône, a fortement perturbé le trafic ferroviaire entre Marseille et Montpellier. Les voyageurs de la ligne Intercités Marseille-Bordeaux subissent des retards de 2 à 3 heures, provoquant colère et résignation.
Des voyageurs bloqués dès l'aube
À la gare Saint-Roch de Montpellier, Chantal, 76 ans, et son mari Rémy, 73 ans, attendent depuis 8h45 l'ouverture du guichet InOui. "Pour l'instant, on nous dit qu'il n'y a pas de train pour nous avant après-demain", se désole Chantal, qui devait rentrer à Poitiers après avoir visité sa fille. Rémy ajoute : "10h30 ça fait tard pour ouvrir un guichet quand on est là depuis 8h45…"
Loïs, 28 ans, fait la queue pour obtenir de l'aide. Son train a deux heures de retard. "J'ai pris l'habitude avec la SNCF…" confie-t-elle, mais c'est l'origine des retards qui l'inquiète : "Je me pose des questions sur les prochains trajets, que va faire la SNCF dans les années à venir ? Va-t-elle s'accorder avec les bus, le covoiturage… Ça fait peur pour l'avenir. Ça va être de pire en pire." Elle a posé un week-end de quatre jours pour voir sa mère à La Rochelle, mais le temps passé sur place sera réduit.
Des touristes et habitués exaspérés
Michelle, une touriste américaine de 59 ans, devait visiter Bayonne puis se rendre à Saint-Jean-de-Luz. Elle n'arrivera pas avant l'après-midi. "Le pire ? Ce sont les gens qui doublent dans la queue devant le guichet ! Je ne sais pas si c'est un truc de Français mais ça m'énerve."
À la gare de Nîmes, le train Intercités Marseille-Bordeaux de 8h36 est également en retard. Laurent, qui doit aller à Bordeaux pour les vacances, regrette : "Je ne le prenais plus à cause des problèmes, et là je regrette. Le Marseille-Bordeaux, il n'est jamais à l'heure quand il n'est pas supprimé. J'aurais dû passer par Paris."
Des retards chroniques sur la ligne
Amélie, habituée de la ligne, effectue chaque semaine le trajet Nîmes-Toulouse-Bayonne pour son travail. "Il y a toujours des retards sur le Marseille-Bordeaux. Je rate régulièrement mes correspondances à Toulouse et je dois prendre le train d'après." Depuis huit ans, elle estime que "le prix a doublé" tandis que la situation se dégrade. "Une fois sur douze, je n'ai pas de retard. C'est de pire en pire."
Marie-Pierre devait prendre un train à 6h36 pour Agen, annulé. Reportée sur le 8h36, également en retard. "C'est honteux. J'ai regardé pour y aller en voiture, mais il y avait sept heures de route." Elle critique les compensations : "Ils font que des bons d'achat. Je prends sur moi."
Un manque d'information et une solidarité entre voyageurs
Théo et Hélène, qui rejoignent Toulouse pour les vacances, ne sont pas surpris. "À chaque fois, il y a quelque chose. L'été, on prend souvent le train. Quand on demande des renseignements, les agents ne sont même pas renseignés." Hélène s'occupe avec des sudokus. Darren, qui devait se rendre à Bordeaux, souligne un élan de solidarité : "Les voyageurs s'aident entre eux, et heureusement, ça fait du bien."
Les perturbations entre Marseille et Miramas via Rognac ont duré une bonne partie de la journée. Cet incident s'ajoute à un autre incendie, parti de la commune d'Oupia dans l'Hérault, qui n'était pas encore fixé ce jeudi. Les voyageurs restent dans l'attente, entre colère et résignation.



