La ministre déléguée à l'Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, doit dévoiler ce vendredi 19 juin, lors d'un déplacement dans le Puy-de-Dôme, un ensemble de 27 recommandations issues de l'Inspection générale de l'administration (IGA) visant à réduire les délais d'accès à l'examen du permis de conduire. Ces propositions abordent des sujets variés, allant du recrutement d'inspecteurs supplémentaires à la valorisation de la conduite accompagnée, en passant par une éventuelle pénalité financière pour les candidats récidivistes.
Un enjeu d'émancipation et de liberté
Pour Marie-Pierre Vedrenne, le permis de conduire représente « un enjeu d'émancipation, de liberté », et il est impératif de « faire diminuer ces délais ». À l'été 2025, le délai médian pour repasser son permis B après un premier échec était de 81 jours. Aujourd'hui, ce chiffre est tombé à 76 jours, selon la ministre chargée de la Citoyenneté. Toutefois, elle prévient d'emblée : « Il est hors de question d'affaiblir le niveau du permis de conduire pour réduire des délais. »
Le recrutement d'inspecteurs, mesure phare
Le manque d'examinateurs est un problème chronique en France, face à un nombre toujours croissant de candidats. La ministre estime que le recrutement d'inspecteurs supplémentaires pour tous les types de permis constitue « la mesure la plus impactante, la plus rapide et qui est fortement demandée par tous les acteurs ». Pour le budget 2026, 20 inspecteurs ont déjà été obtenus, et un nouveau recrutement d'une « vingtaine » d'examinateurs est prévu. « Mon objectif, c'est quand même d'essayer de me battre pour en obtenir plus », insiste Marie-Pierre Vedrenne.
Promouvoir la conduite accompagnée
Parmi les autres préconisations de l'IGA figure la promotion de la conduite accompagnée, notamment via des campagnes de communication. Cette pratique, possible dès 15 ans, est en recul depuis l'ouverture du permis aux jeunes dès 17 ans. La ministre souligne que la conduite accompagnée « a un impact sur la réussite à l'examen et un impact aussi sur l'accidentalité et la mortalité, parce qu'on a des conducteurs qui sont mieux formés ». En mai, la mortalité sur les routes françaises a augmenté de 4 % par rapport à l'année précédente, avec 317 personnes tuées, selon la Sécurité routière.
Rendre l'examen payant après deux échecs
Une mesure plus controversée est évoquée : rendre l'examen du permis payant à compter du troisième passage, à hauteur de 80 euros. L'IGA propose également de « réintégrer le critère du taux de réussite dans l'attribution des places d'examen ». La ministre rappelle la « responsabilité » des auto-écoles et des candidats qui, parfois, « passent l'examen sans être totalement prêts ». Bien qu'elle juge cette réflexion « importante pour la responsabilisation de tous les acteurs », elle n'en fait « pas une priorité ».
Un délai minimal entre deux présentations
L'IGA préconise en outre d'instaurer un délai minimal de 15 jours entre deux présentations à l'examen théorique, afin d'éviter les passages précipités et d'améliorer les chances de réussite. Ces mesures, si elles sont adoptées, pourraient contribuer à fluidifier le système et à réduire les délais d'attente, tout en maintenant le niveau d'exigence du permis de conduire.



