Le mystère des horloges défaillantes dans les autocars enfin percé
Quand il s’est installé dans le car pour partir en Normandie, Maël, un garçon de 9 ans, n’a pas immédiatement remarqué les chiffres rouges qui clignotaient à l’avant du véhicule. Trop absorbé par ses discussions avec ses amis et trop enthousiaste à l’idée de quitter son école pour cinq jours, ce n’est qu’une fois assis qu’il a constaté que l’horloge censée indiquer l’heure affichait des données incohérentes. « Il y avait un décalage de cinq heures. Ça montrait presque minuit. La conductrice nous a expliqué qu’elle se réinitialisait à zéro chaque fois qu’elle arrêtait le moteur », raconte-t-il.
Un phénomène fréquent remarqué par les voyageurs
Maël n’est pas le seul à avoir fait cette observation. Comme lui, de nombreuses personnes ayant voyagé en autocar de tourisme ont noté que les horloges digitales fonctionnent souvent de manière erratique. Alors que le changement d’heure approche, une enquête menée par 20 Minutes a permis de percer le mystère de ces horloges défaillantes. Kenji, un habitué des trajets en autocar, attend patiemment dans la file d’attente d’un Blablabus en partance pour Bruxelles. Il confirme : « Les horloges ne sont presque jamais à l’heure. À chaque fois, il y a un problème. Soit elles clignotent, soit elles indiquent une mauvaise heure. » Bien qu’il s’en moque un peu grâce à son téléphone, cela le fait sourire à chaque occasion.
Les explications des conducteurs et des experts
Au moment de quitter la gare routière de Rennes, Kenji a la surprise de voir que les chiffres digitaux affichant l’heure en rouge sont correctement réglés. Le conducteur, dans un anglais approximatif, explique que « le réglage se fait automatiquement » et qu’il n’y touche pas. Pour le changement d’heure, il suppose que cela s’ajuste seul, sans certitude. Marie, qui conduit des cars depuis vingt ans, ajoute : « C’est vrai que ça déconne souvent. Mais nous, les conducteurs, on ne la voit pas. On se base sur le chronotachygraphe. Ce sont les voyageurs qui nous le signalent. »
Pour comprendre pourquoi l’affichage digital est si souvent défaillant, Johnny, un autre conducteur, lève une partie du mystère. « Nous avons un coupe-circuit général que nous utilisons pour des raisons de sécurité. C’est comme si vous débranchiez la batterie. Si vous le faites sur votre voiture, il faudra rerégler votre horloge. Nous, c’est pareil. Sauf qu’on ne le fait pas à chaque fois. » Hervé Guillemain, patron de la société Bourrée Voyages, précise : « Bien sûr que je le sais qu’elles ne sont pas toujours à l’heure ! C’est à cause du coupe batterie. C’est comme un disjoncteur dans la maison, ça coupe tout. Parfois, ça se fait automatiquement quand on enlève la clé. Parfois, il faut l’actionner manuellement. Ça dépend des modèles de véhicules. »
Les raisons derrière cette pratique
Quand le conducteur actionne le coupe-circuit, il doit régler l’horloge manuellement au redémarrage. « Mais bon, le chauffeur, ce n’est pas toujours sa première préoccupation de régler l’heure. Alors parfois, il oublie. Mais souvent, les clients nous le rappellent », détaille Hervé Guillemain. Lundi, ses équipes devront régler les 300 chronotachygraphes des cars de la société, ainsi que les horloges pour les véhicules équipés. La question qui se pose est pourquoi les conducteurs doivent couper tout le circuit. « C’est pour être sûr de redémarrer le matin. Dans un véhicule comme ça, il y a plein de petites choses qui continuent de tourner même quand on a tourné la clé. Donc si tu le laisses à l’arrêt pendant deux jours, ça peut être compliqué », explique-t-il. Maintenant, vous savez tout sur ce mystère des horloges défaillantes dans les autocars.



