Inaugurée le 20 décembre 2025 à Montpellier, la ligne 5 du tramway suscite désormais le mécontentement de nombreux riverains du boulevard Georges-Clemenceau. La cause ? Le signal sonore de fermeture des portes, jugé trop strident et perturbant leur quotidien. Une pétition a été lancée par des habitants, tandis que la mairie de Montpellier assure suivre le dossier de près.
Un tramway nouveau, une nuisance sonore inattendue
Longtemps attendue par les habitants de l'ouest et du nord de Montpellier, la ligne 5 a été inaugurée en grande pompe le 20 décembre 2025. Longue de 16,3 kilomètres, elle dessert 27 stations en 45 minutes, redessinant le paysage urbain. Mais boulevard Georges-Clemenceau, une petite musique reconnaissable entre mille cristallise désormais les tensions : le signal sonore de fermeture des portes de ces nouvelles rames ultramodernes.
Ces rames, signées du constructeur espagnol CAF, diffèrent des précédentes lignes du réseau, fournies par Alstom. Ce changement de constructeur s'accompagne d'une nouvelle signature sonore, encadrée par des normes européennes de sécurité en vigueur depuis 2019, visant à garantir l'accessibilité et la sécurité des personnes en situation de handicap. Résultat : un signal très présent, parfois jugé trop strident.
Une pétition et des témoignages accablants
Dans le secteur du boulevard Clemenceau, une pétition aurait été lancée par des habitants, recueillant plusieurs dizaines de signatures. Ils appellent la Métropole et la société exploitante à étudier des solutions techniques pour baisser le volume des bips et remplacer le signal actuel par un son moins strident et plus respectueux du cadre de vie.
Lola, 40 ans, mère d'une petite fille, dont l'appartement surplombe l'arrêt Clemenceau, témoigne : "C'est de 5 heures du matin à 1 heure environ, toutes les dix minutes. Il est parfois difficile de trouver le sommeil." Elle évoque un quotidien rythmé par le passage du tram. Sa voisine, Françoise, la soixantaine, surveille l'arrivée de chaque rame avec appréhension. Pourtant équipée de double vitrage, elle décrit une situation similaire : "Mon cerveau est en constant état d'alerte. Ça me stresse. On peut aussi moins ouvrir les fenêtres, moins profiter. Parfois, je me réveille la nuit quand le tram passe." Elle dit aujourd'hui envisager de déménager.
Le bruit solidien, un fléau sous-estimé
Publié par le Sénat français le 25 juin 2025, un rapport tire la sonnette d'alarme sur une pollution encore largement sous-estimée : le bruit des transports. Parmi les principales sources figurent les tramways et les réseaux ferroviaires urbains. Mais le problème ne s'arrête pas au simple passage des rames. Les riverains subissent aussi des vibrations, des basses fréquences et surtout ce qu'on appelle le bruit solidien : un bruit qui se propage directement à travers les sols et les structures des bâtiments. Résultat : tremblements, bourdonnements, troubles du sommeil et une qualité de vie fortement dégradée.
Le Sénat insiste sur un point clé : les normes actuelles ne reflètent pas la réalité vécue, car elles se basent sur des moyennes sonores alors que le bruit des tramways fonctionne par pics répétés.
La mairie et l'exploitant réagissent
Face aux critiques, la mairie de Montpellier assure suivre le dossier de près avec les associations et les riverains. Elle évoque une possible vérification des décibels auprès du constructeur, tout en rappelant ne pas avoir connaissance d'une pétition officielle. De son côté, la TaM (Transports de l'Agglomération de Montpellier) indique que les signaux sonores sont réglés à 70 dB(A), conformément aux normes européennes. L'exploitant précise avoir déjà réduit leur volume la nuit et étudie une éventuelle baisse en journée.



