LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax : un protocole signé pour une relance irréversible
LGV : signature d'un protocole pour une relance irréversible

Ce jeudi, le Premier ministre et les collectivités ont signé un protocole actant la relance de ce projet majeur. Si l’heure est à l’apaisement, les discussions vont se poursuivre sur le financement.

Un projet désormais irréversible

« Ce projet est désormais irréversible. » C’est par ces mots que le Premier ministre Sébastien Lecornu a conclu, ce jeudi 7 mai, à Toulouse, entre les murs de la préfecture de la Haute-Garonne, la signature d’un nouveau « protocole d’intention » actant la relance d’un des projets les plus structurants du grand Sud-Ouest : celui des deux lignes LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. De fait, depuis quatre ans, ce dossier est miné par les incertitudes, en particulier sur la participation financière de l’État. Ce jeudi, pour le Premier ministre, l’heure était donc à raccrocher les wagons, en particulier avec les collectivités, plus qu’agacées par l’immobilisme en cours et les nuages s’amoncelant au-dessus de ce projet ferroviaire majeur. Pour lever les doutes, Sébastien Lecornu n’a pas seulement provoqué cette réunion à Toulouse avec toutes les parties prenantes. Il leur a surtout proposé ce nouveau contrat de confiance.

820 millions d’euros d’engagements

Preuve de l’apaisement qui entoure désormais ce dossier, autour de la table se trouvaient : Carole Delga, la présidente de l’Occitanie, Alain Rousset, le président de la Nouvelle-Aquitaine, Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, Thomas Cazenave, le maire de Bordeaux, Sébastien Vincini, le président du Conseil départemental de Haute-Garonne et Frédéric Dutin, le maire de Mont-de-Marsan, représentant le Conseil départemental des Landes. Toutefois, leurs sourires ne sauraient masquer l’intensité de leurs échanges avec les conseillers du Premier ministre ces dix derniers jours. En effet, la bataille a été rude. Mais ils ont fini par lui arracher ce mot d’« irréversible », lequel figure aussi en toutes lettres dans ce protocole qu’ils ont tous signé. Dans ce document que « Sud Ouest » a pu consulter, il n’y a aucune place à l’ambiguïté : « Les Parties souhaitent engager de manière irréversible la réalisation du projet dès 2026. » Ce qui vient renforcer la parole du Premier ministre et de l’État, parole qui, ces dernières années, s’était quelque peu abîmée.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des premiers financements concrets

Concrètement, ce protocole fixe de premiers engagements financiers et un calendrier, en particulier pour la ligne Bordeaux-Toulouse. Ainsi, les prochains mois devront permettre de poursuivre « les acquisitions foncières, les études et les premiers travaux liés aux raccordements ou aux déviations de réseau. » Pour mener à bien ces opérations, il est écrit que « l’État engagera 410 millions d’euros d’ici 2027 », répartis ainsi : 150 millions d’euros en 2026 et 260 millions d’euros en 2027. Dans le même temps, les collectivités s’engagent, comme le stipule ce document, « à financer 260 millions d’euros en 2026 et 150 millions en 2027 ». En tout, ce sont donc 820 millions d’euros qui vont être injectés.

Le volet Bordeaux-Dax et les appels d’offres

Concernant la ligne Bordeaux-Dax, souvent présentée comme la plus fragile du dossier, les années 2026 et 2027 seront « marquées par la poursuite des études et des étapes nécessaires à la mise en œuvre de la section entre le Sud-Gironde et Dax ». Il s’agira notamment de réaliser des acquisitions foncières. Frédéric Dutin, le maire de Mont-de-Marsan, l’a rappelé : « Le Département des Landes est un partenaire enthousiaste, pragmatique et vigilant. Nous ne voulons pas regarder passer les trains. » Autre précision importante figurant dans ce protocole : la procédure d’attribution des contrats devra être « amorcée avant la fin de l’année 2026 ». Aux yeux des collectivités, c’est l’autre priorité : signer les appels d’offres avant la fin du quinquennat. C’est, selon elles, ce qui conférera « l’irréversibilité » du projet.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Des discussions cruciales à venir sur le financement global

Pour autant, si les élus ont salué une nouvelle étape, les prochaines semaines s’annoncent encore plus décisives. Comme nous le révélions mercredi, la discussion avec l’État va se poursuivre encore un mois pour trancher la question cruciale du financement global du projet. Deux options sont sur la table : soit un portage 100 % public, soit un partenariat public-privé, dont les collectivités ne veulent pas. « La procédure privée, c’est 7 milliards de plus », a averti Alain Rousset. En attendant, cette réunion à Toulouse a aussi vu le ministre des Transports Philippe Tabarot prendre quelques distances diplomatiques avec le rapport du COI, le Conseil d’orientation des infrastructures. Alors que celui-ci a pointé un risque de dérapage financier du projet, Philippe Tabarot l’a rappelé aux élus : « Orientations ne veut pas dire décisions. » Si Thomas Cazenave, le maire de Bordeaux, a défendu « un investissement absolument indispensable », Alain Rousset, lui, l’a rappelé au Premier ministre : « On investit pour un siècle. »