Jérôme Marbot dénonce la brutalité du plan social à la polyclinique de Pau
Marbot dénonce la brutalité du plan social à Pau

« Je suis un peu choqué de la brutalité des annonces qui portent un plan social important avec des calendriers très resserrés. » Ainsi réagit le nouveau maire de Pau, Jérôme Marbot, jeudi 7 mai au soir, après l’annonce faite par le groupe GBNA de 161 licenciements maximum à la polyclinique Pau Pyrénées, qui regroupe les sites de Navarre et Marzet. Le premier voit sa maternité fermée, tandis que le second voit l’ensemble de ses services cesser ou déménager vers la clinique Navarre.

Un manque de dialogue en amont

Jérôme Marbot regrette le délai très court entre l’annonce et la mise en application. « Tout ça n’est pas aussi soudain que ça n’y paraît, pointe l’édile. Si les décisions avaient été prises en amont, que la direction avait partagé les difficultés, discuté avec le personnel des cliniques, et s’était mise en relation avec l’ARS (Agence régionale de santé), peut-être qu’on aurait pu amoindrir l’ampleur de ce plan. »

« Peut-être aussi que si les pouvoirs politiques avaient assumé de communiquer sur cette crise qu’ils connaissaient avant les élections municipales, cela aurait permis autre chose », ajoute-t-il. Le tacle n’est pas masqué et vise l’équipe de François Bayrou, défait en mars aux municipales. L’ancien exécutif surveillait de près la situation, mais avait indiqué ne pouvoir agir directement, s’agissant d’un acteur privé.

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La responsabilité des actionnaires

Le nouveau maire convient de cette difficulté. « Je comprends que la clinique perd beaucoup d’argent et que cette préoccupation guide les actionnaires. Là-dessus, on n’a pas de prise. Mais peut-être que si tout cela avait été traité bien en amont, les actionnaires seraient moins brutaux. »

Reconstruire l’offre public-privé

« Je ne désespère pas de trouver des alternatives, avance désormais l’élu socialiste. Je salue l’attitude de l’ARS, du préfet et de l’hôpital qui réfléchissent au meilleur moyen d’assurer la continuité des soins sans dégradation. J’insiste néanmoins sur le fait que l’hôpital public ne peut pas être le réceptacle des activités dont ne veut plus le secteur privé. Il faut construire un nouveau partenariat public privé sur Pau, l’agglo et le Béarn qui permette une offre de soins acceptable. En tant que maire de Pau, je vais y travailler. »

Il sait néanmoins que les candidats à la reprise de l’activité ne se bousculent pas au portillon. « Le problème, c’est qu’on arrive en bout de course. Les acteurs privés disent à juste titre qu’ils ne veulent pas reprendre une activité déficitaire et qui ne l’était pas au moment où GBNA a repris. » Si la chute de la natalité a entraîné une baisse drastique des naissances à la clinique Navarre, autrefois l’équivalent de l’hôpital voisin, le centre hospitalier a lui maintenu son activité.

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