La gare TER de Baillargues, victime de son succès, va rendre son stationnement longue durée payant. Face à l'explosion de la fréquentation – plus de 600 000 voyageurs en 2025 contre 13 000 en 2013 –, la Région Occitanie et la commune de Baillargues ont décidé de réguler le parking, saturé par des voitures ventouses. Selon une étude régionale, 25 % des véhicules garés ne sont pas arrivés le matin même, mais sont là depuis plusieurs jours, souvent pour éviter de payer le stationnement à Montpellier ou Nîmes avant de prendre le TGV pour Paris.
Une fréquentation exponentielle en douze ans
En 2013, seulement huit trains par jour s'arrêtaient à Baillargues, transportant 13 000 voyageurs par an. La création en deux phases d'un pôle d'échange multimodal et l'aménagement d'une « gare sans accueil ni personnel » pour un montant de 22 M€ ont changé la donne. La fréquentation n'a cessé de croître : 127 000 voyageurs en 2015, 188 000 en 2019, 285 000 en 2021, 420 000 en 2022, 551 000 en 2024. En 2025, plus de 70 TER par jour s'y arrêtent, pour plus de 600 000 voyageurs sur l'année, selon Jean-Louis Gibelin, vice-président du conseil régional en charge des transports. « Vous voyez, en douze ans, ce n'est plus du tout la même gare. Le fait d'avoir rendu l'arrêt à Baillargues quasi automatique est une bonne chose », confie-t-il.
Des parkings saturés par les voitures ventouses
Le stationnement est devenu problématique. Les deux parkings – celui au sud, propriété de la Région Occitanie, et celui au nord, « 60 % Région et 40 % Ville de Baillargues » – totalisent 330 places, toutes gratuites. « Ils sont saturés », souligne Jean-Luc Meyssonnier, le maire de Baillargues. « Les gens viennent stationner là pour aller à Nîmes ou Montpellier et, de là, ils prennent le TGV pour Paris, ça ne leur coûte rien alors que s'ils devaient payer un stationnement à Montpellier ou Nîmes pour la semaine, ça leur coûterait 80 €. Du coup, il y a beaucoup de monde et les gens se garent partout, jusque dans les lotissements autour et même dans les espaces verts, c'est n'importe quoi », ajoute-t-il.
L'étude régionale a révélé que 25 % des véhicules garés n'étaient pas arrivés le matin même : des voitures ventouses. La Région souhaite aussi faire baisser le nombre de voitures avec un seul occupant, qui représente 99 % des véhicules arrivant au parking.
Un stationnement payant d'ici la fin de l'année
La solution retenue est de rendre le stationnement payant, avec une durée de gratuité à définir : 24 heures, voulue par la commune, ou 48 heures, voulue par la Région. « Les discussions sont encore en cours sur ce point », selon Jean-Louis Gibelin. Le maire espère résoudre le problème « d'ici la fin de l'année ». « Ça libérera une centaine de places », apprécie Jean-Luc Meyssonnier.
Un accès cycliste en projet pour 2028
Parallèlement, la Métropole de Montpellier s'engage à cofinancer la dernière phase de la requalification de la RD26, entre Mauguio et Baillargues, pour faciliter l'accès voitures mais surtout vélos via une piste cyclable, aujourd'hui absente sur cet axe accidentogène. L'accord sera réaffirmé en novembre par le comité de pilotage organisé par le Département, maître d'ouvrage, pour une mise en service espérée d'ici fin 2028. Le maire de Baillargues demande que la piste longe le mur antibruit entre la voie ferrée et le golf, « pour que tout le monde soit en sécurité ».