Elixir Aircraft immobilise sa flotte après un crash mortel
Elixir Aircraft immobilise sa flotte après un crash

Le constructeur français Elixir Aircraft a annoncé ce jeudi l'immobilisation de sa flotte dans cinq pays après le crash d'un de ses avions légers biplaces, survenu le 1er octobre sur la base aérienne militaire de Rochefort, en Charente-Maritime. L'accident, qui a coûté la vie à deux pilotes lors d'un vol de routine de production, a conduit l'entreprise à suspendre les vols d'une soixantaine d'appareils depuis le 3 octobre et « jusqu'à nouvel ordre », par mesure de précaution.

Un volet détaché en plein vol selon le BEA

Le rapport préliminaire du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), cité par le constructeur, indique que « lors du dernier virage d'un circuit basse hauteur, le volet gauche s'est détaché de l'aéronef, entraînant une perte de contrôle, suivie de l'activation du parachute de secours à faible hauteur ». Ce scénario technique précis, établi à partir des données de vol, pointe un défaut structurel majeur, mais sans en identifier l'origine.

« Aucun élément ne permet d'établir les raisons ayant conduit au détachement du volet gauche », souligne la société dans son communiqué. Cette incertitude justifie la décision de clouer au sol l'ensemble des avions concernés, répartis dans cinq pays, afin de garantir la sécurité des équipages et des passagers.

Une directive de l'EASA et une enquête en cours

Parallèlement, l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) a émis une directive d'immobilisation provisoire dès le 2 octobre, soit la veille de la décision du constructeur. Cette mesure réglementaire, qui s'applique à tous les opérateurs européens, renforce l'action volontaire d'Elixir Aircraft et démontre l'ampleur de la vigilance requise.

Le constructeur, basé à La Rochelle, emploie environ 250 salariés et conçoit depuis 2015 des appareils nouvelle génération pour l'aviation légère. Ces avions, destinés principalement aux aéroclubs et aux écoles de pilotage, sont appréciés pour leur faible consommation et leurs technologies avancées, mais cet incident soulève des questions sur leur fiabilité structurelle.

Impact sur l'exploitation et les prochaines étapes

L'immobilisation concerne une soixantaine d'avions, ce qui représente une part significative de la flotte active d'Elixir Aircraft. Les écoles de pilotage et aéroclubs utilisateurs devront patienter jusqu'à la levée de la suspension, qui dépendra des conclusions de l'enquête du BEA et des inspections techniques menées par le constructeur.

En attendant, Elixir Aircraft collabore étroitement avec les autorités françaises et européennes pour déterminer les causes exactes du détachement du volet gauche. La société n'a pas communiqué de calendrier précis pour la reprise des vols, mais elle assure que la sécurité reste sa priorité absolue. Les prochaines semaines seront décisives pour comprendre ce dysfonctionnement et, si nécessaire, adapter la conception ou les procédures de maintenance de ses appareils.