Le tribunal correctionnel de Nice a rendu ses premières décisions ce mercredi 1er octobre 2026, au lendemain des interpellations survenues lors du mouvement de contestation des lycéens. Trois jeunes hommes de 18 ans, tous inconnus de la justice jusqu'alors, ont été présentés au parquet. Deux d'entre eux ont été jugés immédiatement, tandis que le troisième a obtenu un renvoi d'audience.
Une réponse pénale immédiate assumée par le parquet
Le parquet de Nice a fait le choix de la comparution immédiate pour l'ensemble des personnes déférées dans le cadre des manifestations lycéennes. La procureure Laura Goude a justifié cette orientation : « Ce choix de la comparution obéit à deux objectifs : une réponse immédiate et ferme face à des comportements qui ont fortement troublé l'ordre public. » Elle a rappelé que le droit de manifester est reconnu, mais que « ça ne peut pas justifier des atteintes aux biens et aux personnes et des affrontements ». Aucun des trois prévenus n'est toutefois poursuivi pour des dégradations ou des faits de violence.
Le lycéen du Parc Impérial renvoyé au 2 décembre
Le premier prévenu, lycéen en terminale générale au lycée du Parc Impérial, est poursuivi pour avoir participé à un attroupement en dissimulant son visage sous un casque et pour avoir transporté du liquide moteur dans son sac à dos. Représenté par Me Fanny Julien, il a demandé un délai pour préparer sa défense. Le tribunal, présidé par Alexandre Julien, a renvoyé l'audience au 2 décembre 2026 à 13h30 et a placé le jeune homme sous contrôle judiciaire.
Un apprenti électricien condamné à 100 heures de TIG
Le deuxième prévenu, scolarisé en terminale au lycée professionnel Vauban, a déclaré avoir suivi « un groupe pour aller manifester à Magnan ». L'apprenti électricien, qui était capuché et portait un cache-cou, transportait dans son sac une barre et un tuyau en PVC. Il a expliqué que ce tuyau était destiné à « bricoler un peu » chez lui, affirmant : « je n'ai commis aucune violence ». Le président Alexandre Julien l'a recadré en rappelant que « couvrir son visage et d'avoir quelque chose qui s'apparente à une arme, c'est une infraction ». Le magistrat a également souligné que « le fait que des individus se livrent à des exactions nuit à ceux qui manifestent ». Le jeune homme a été condamné à 100 heures de travail d'intérêt général.
Le cuisinier monégasque écope de 120 jours-amendes
Le troisième jeune homme, cuisinier à Monaco en période d'essai, a affirmé être venu aux abords du lycée pour y retrouver sa petite amie. Selon lui, quelqu'un lui aurait tendu un mortier qu'il aurait « bêtement agité ». Défendu par Me Christian-Michel Colombo, il a reconnu son erreur : « Je regrette, j'ai été bête et naïf. » La procureure a répondu : « Naïf peut-être, mais sanction il doit prendre. » Il a été condamné à 120 jours-amendes à 8 euros.
Les deux condamnés se voient également interdire de manifester pendant trois ans. Le président Alexandre Julien les a prévenus : « Qu'on ne vous revoie plus, sinon vous savez où vous irez. » Ces condamnations interviennent alors que 24 lycées des Alpes-Maritimes doivent rester fermés ce vendredi, avec des cours assurés à distance.