Demi-échangeur A75 à Clermont : 10 M€, l'État veut une vision globale
Demi-échangeur A75 : 10 M€, l'État veut une vision globale

Le projet de demi-échangeur nord sur l'A75 à Clermont-l'Hérault, autorisé par l'État mais non financé, nécessite un budget d'environ 10 millions d'euros. Face à la saturation du trafic à la Salamane, l'État souhaite désormais inscrire ce projet dans une réflexion plus large sur les mobilités à l'échelle du Cœur d'Hérault, comme l'a exprimé la sous-préfète de Lodève, Célia Pouget, lors de sa visite à Clermont ce mercredi 12 août.

Un projet autorisé mais toujours en attente de financement

Le demi-échangeur nord de l'A75, un serpent de mer vieux de trois décennies, a obtenu l'accord de l'État pour sa réalisation, notamment grâce au soutien du sénateur Christian Bilhac. Cependant, le financement n'est pas encore bouclé. Gérard Bessière, maire de Clermont-l'Hérault, insiste : « Il ne faut pas nous laisser au milieu du gué. » La réalisation implique de modifier le pont sur l'A75 pour permettre le passage des poids lourds et surtout des bus, avec un budget estimé à 10 millions d'euros.

« J'espère que nous réaliserons ce projet. La mobilité, l'aménagement du territoire sont en jeu… », analyse Gérard Bessière. Selon « la configuration que l'on va donner au pont qui traverse l'autoroute », le budget pourrait atteindre 10 M€. « Il faudra des moyens, la commune ne pourra pas, seule, subvenir à cette réalisation. Il faudra que l'État, le Département, la Région puissent apporter leurs contributions. Nous l'espérons », insiste l'élu.

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Un diagnostic partagé : saturation et dangerosité

Lors de la visite, le diagnostic était limpide : depuis la création de l'A75 à la fin des années 80, « les flux ont beaucoup évolué », convient Célia Pouget. À la Salamane, à l'entrée sud de la ville, le trafic est régulièrement saturé. Résultat, « beaucoup d'usagers passent par Saint-André-de-Sangonis, Saint-Félix-de-Lodez et Ceyras. C'est assez dangereux », diagnostique Jean-Marie Sabatier, premier adjoint de Clermont en charge de l'urbanisme.

Pour être cohérent avec les objectifs du futur pôle d'échanges multimodal (PEM), il serait judicieux que les futures lignes de bus à haut niveau de service puissent emprunter cet ouvrage sur l'A75, dans le cadre des Services express régionaux métropolitains (Serm), plaide Jean-Marie Sabatier. Au-delà, cet ouvrage bénéficierait à tout le bassin de vie, pas seulement à sa ville centre.

L'État prône une vision macro sur l'arrière-pays

Célia Pouget insiste sur la nécessité d'une réflexion élargie : « La question qui est posée doit s'intégrer dans une réflexion large sur les mobilités dans le territoire et le département. Il était important de venir sur place, de mesurer comment, depuis le PEM qui va prochainement voir le jour, jusqu'à l'autoroute, on doit avoir une programmation, sûrement sur plusieurs années pour des questions financières. »

Dans un territoire qui gagne en population et en flux, « on doit se réadapter et accompagner les élus sur tous ces gros projets dont ce demi-échangeur sur lequel le Cerema a fait une belle étude technique. Il y a aujourd'hui le volet planification et financier à réfléchir. Tout cela dans une vision macro, sur tout l'arrière-pays. Le sujet de Clermont, c'est aussi celui de Lodève, de Gignac… Il faut regarder l'opportunité de tous les équipements, de toutes les évolutions sur ce tracé-là », ajoute la sous-préfète.

Le PEM et la voie verte : des projets complémentaires

En parallèle, le futur pôle d'échanges multimodal (PEM) doit créer dix quais le long du Cours de la Chicane, à l'arrière de l'Office de Tourisme. « La mobilité est un enjeu important. Ce PEM arrive à point pour donner un sens à cette volonté de développer les mobilités à Clermont. Le dossier est prêt, il va falloir maintenant obtenir des financements pour le réaliser. Nous avons aussi vu la voie verte qui avance très bien et qui traduit, aussi, ce besoin de mobilité », résume Gérard Bessière. Les travaux du PEM devraient débuter mi-2027, avec une livraison en 2028, sous réserve de l'obtention des cofinancements.

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Concernant le financement du demi-échangeur, Célia Pouget conclut : « La question financière ne se pose pas sur un seul dossier. Mais il faut considérer le cumul de tous les investissements que l'on pourrait souhaiter sur cet axe autoroutier. En opportunité il va falloir prioriser, faire des choix. 10 M€, ce qui est sûr, c'est que c'est très cher pour une seule commune. Il faut voir comment accompagner, comment construire les choses. »