Hausse des carburants : les transporteurs de Paca menacent de bloquer le pays
Carburants : les transporteurs de Paca menacent de bloquer

La colère monte chez les transporteurs face à la hausse des prix du carburant

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix du carburant connaissent une augmentation significative, mettant à rude épreuve la trésorerie déjà fragile des entreprises de transport routier. Cette situation, qualifiée de "goutte qui fait déborder le vase", suscite une vive inquiétude parmi les professionnels du secteur, en particulier dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Des mesures gouvernementales jugées insuffisantes

Franck Cannata, président de la Fédération nationale des transporteurs routiers Alpes-Maritimes et Var, ne cache plus son exaspération. "On regarde le train passer et c'est insupportable", déclare-t-il, pointant du doigt l'inaction perçue des autorités françaises. Il compare la situation à celle des pays voisins comme l'Italie, l'Espagne et le Portugal, où des baisses de fiscalité sur le carburant ont été rapidement mises en œuvre. "Dès le 18 mars, l'Italie a réduit de 0,25 € par litre le prix du carburant. C'est normal, c'est ce que l'État perçoit en plus à cause de la hausse du pétrole. Nous demandons un rééquilibrage", insiste-t-il.

Les récentes annonces du gouvernement, incluant un report des charges fiscales et sociales ainsi qu'un accompagnement par Bpifrance, sont vivement critiquées. La fédération les qualifie de "totalement décorrélées des enjeux". Franck Cannata réclame des mesures plus concrètes :

  • Une suspension de six mois des crédits bancaires et des crédits-bail liés au matériel de transport.
  • Une remise immédiate, voire rétroactive, sur le carburant.
Il avertit : "Les défaillances d'entreprise arrivent ! On ne parle même plus de les éviter mais de les limiter."

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Des actions de blocage envisagées en Paca

Face à cette urgence, la grogne s'étend au niveau régional. Un communiqué conjoint de la FNTR Sud Provence-Alpes-Corse, de la FNTR Alpes-Maritimes et Var, et de l'OTRE PACA, alerte sur les risques encourus. "Si nous restons déterminés à dialoguer avec les pouvoirs publics, nous refusons que ce dialogue serve de prétexte à l'inaction et condamne ainsi nos entreprises, nos emplois et l'économie française", peut-on lire.

Des modalités d'actions graduelles sont actuellement à l'étude et pourraient être mises en œuvre dès le 1er avril. Franck Cannata justifie cette menace par l'importance stratégique du secteur : "89 % des marchandises sont acheminées par nos routes. Dans une métropole comme Nice, l'autonomie alimentaire, c'est trois jours." Il résume l'état d'esprit des transporteurs : "Perdu pour perdu, vu qu'on court à la faillite, autant bloquer le pays. C'est rude mais il faut ouvrir les yeux."

Cette situation met en lumière une concurrence déloyale avec les pays européens voisins, où des mesures plus robustes ont été adoptées. "Ils se battent avec des bazookas, et nous, on a des pistolets à billes. Attendre, ce n'est plus une stratégie, c'est une condamnation", conclut Franck Cannata, appelant à une action rapide pour éviter un blocage aux conséquences potentiellement graves pour l'économie nationale.

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