Dans le Biterrois, la hausse des prix du carburant pousse de nombreux automobilistes à reconsidérer leurs déplacements. Selon une enquête du cabinet Elabe, 30 % des automobilistes français considèrent le seuil de 2 € le litre comme inacceptable, et 88 % des sondés déclarent avoir modifié au moins une habitude pour réduire leurs dépenses d’essence ou de gazole. Face à ce constat, les trains régionaux liO enregistrent une fréquentation en hausse sur plusieurs axes desservant Béziers.
Des écarts de coût minimes, mais un net gain de temps
Pour un véhicule consommant 5,5 litres de gazole à 2,35 € le litre (moyenne nationale au 8 octobre 2026), le coût du carburant pour un aller simple entre les gares d’Agde et de Béziers (22,8 km) s’élève à environ 3 €. Le même trajet en TER liO coûte 2,60 €. La différence est faible, mais le train offre un avantage décisif : le temps de parcours. En voiture, Google Maps prévoit entre 27 et 32 minutes selon le trafic, tandis que le train effectue le trajet en 12 minutes.
Sur l’axe Béziers-Narbonne, le train coûte 3,20 € et dure 14 minutes, contre environ 3,40 € et une trentaine de minutes en voiture. Pour Béziers-Montpellier, le train est proposé à 7 € en moyenne pour 50 minutes, alors que les automobilistes doivent ajouter 5 € de péage par trajet pour une durée similaire.
La fréquentation des TER liO en hausse dans le Biterrois
La Région Occitanie constate une fréquentation globalement stable sur les principaux parcours régionaux passant par la gare de Béziers, mais avec une légère hausse : 600 200 voyages en 9 mois en 2026, contre 600 000 sur 12 mois en 2025. Sur l’axe Béziers-Narbonne, la progression est nette : 112 800 voyages en 2026 contre 98 900 en 2025. Pour Béziers-Agde, la hausse est de 14,1 % en 2026 par rapport à l’année précédente, avec 65 700 voyages à fin octobre, contre 68 900 sur l’ensemble de 2025. Si la tendance se poursuit, le nombre de voyages sur cet axe pourrait atteindre 87 600, soit une augmentation d’environ 27,1 %.
Pour répondre à cette demande croissante, la Région a annoncé l’arrivée prochaine de 18 nouvelles rames à deux niveaux, augmentant la capacité d’emport. Elle construira et financera à 100 % un nouveau centre de maintenance des trains liO à Colombiers, dont la mise en service est prévue fin 2028, afin de garantir la circulation et la maintenance des trains sur cet axe stratégique.
La voiture reste indispensable pour certains usagers
Malgré cette dynamique, certains habitants du Biterrois conservent leur voiture pour des raisons pratiques ou économiques. Thibaud, qui utilise une voiture électrique, explique : « L’Agglo de Montpellier prend en charge la recharge et mon employeur les frais de parking. Mes coûts sont drastiquement réduits, car il y a beaucoup moins d’entretien sur une électrique que sur un véhicule thermique. » Pour lui, un trajet Montpellier-Béziers ne coûte rien de plus qu’une heure de son temps.
Laure, qui se rend quotidiennement à Béziers depuis Port-la-Nouvelle, témoigne : « C’est une tranquillité mentale de me dire que je peux me poser dans le train, bouquiner et penser à autre chose qu’à la route. Mais l’argument financier reste le levier principal, la voiture, c’est devenu trop cher. » Raphaël, établi à Florensac et travaillant dans le Polygone de Béziers, ne peut pas utiliser le train : « Depuis chez moi, impossible de venir en train et le bus, il y en a très peu. J’ai trouvé des stations essence où les tarifs sont plafonnés, donc je dépense 5,50 € par jour pour l’aller-retour », soit un peu plus de 100 € par mois pour 20 jours ouvrés. La voiture reste donc une option indispensable pour certains, malgré une tendance au remplacement progressif de ce mode de transport dans les zones urbaines du Biterrois.