L'association Destination train de nuit interpelle la SNCF sur la suppression de 40% des trains nocturnes
40% des trains de nuit supprimés : l'association demande des comptes à la SNCF

L'association Destination train de nuit interpelle la SNCF sur la suppression de 40% des trains nocturnes

L'association Destination train de nuit a organisé un colloque au Palais Bourbon à Paris la semaine dernière, en présence de députés, sénateurs et de hauts responsables de la SNCF. L'objectif était de clarifier plusieurs questions cruciales concernant l'avenir de ce mode de transport, plébiscité par les usagers mais régulièrement maltraité selon l'organisation.

Des interrogations précises sur la gestion du réseau nocturne

Stéphane Coppey, président de l'association, a directement interrogé les représentants de la SNCF, dont le PDG Jean Castex – invité mais remplacé au dernier moment – sur plusieurs points problématiques :

  • Comment se fait-il que 40% des trains de nuit aient été supprimés en janvier 2026 ?
  • Est-ce raisonnable d'exploiter toutes les lignes nocturnes avec seulement huit locomotives thermiques, source de nombreux retards et suppressions ?
  • Pourquoi de nombreux trains affichent complet alors que seulement la moitié des 120 voitures disponibles sont engagées chaque nuit ?

« Malheureusement, la majeure partie de ces questions restent aujourd'hui en suspens, mais au moins elles ont été débattues », constate Stéphane Coppey, tout en se félicitant que ce colloque ait permis de souligner la forte attente des usagers, du tissu économique et des territoires ruraux vis-à-vis du train de nuit.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La ligne Rodez-Paris, exemple des dysfonctionnements

La ligne Rodez-Paris illustre parfaitement les difficultés rencontrées. Régulièrement mobilisée pour dénoncer retards et suppressions, elle subit selon l'association des changements inacceptables : « Il s'agit en réalité d'un train de jour raccroché à un train de nuit. Les passagers subissent des appels en permanence, ils ne disposent pas d'une voiture service, etc. »

Stéphane Coppey insiste : « Et pourtant, ce train continue d'être fréquenté. Il est surtout utile pour les territoires. L'État et la SNCF se renvoient sans cesse la balle concernant leur responsabilité. Nous allons demander que les choses soient clarifiées. »

Des propositions concrètes pour l'avenir

Face à ces constats, l'association avance plusieurs propositions :

  1. Une rénovation des voitures Corail plutôt que l'acquisition de nouveau matériel roulant, jugée irréaliste par les experts, notamment pour la ligne Paris-Briançon cruciale pour les Jeux Olympiques d'hiver de 2030.
  2. Une opération de rénovation qui pourrait également bénéficier à la ligne Rodez-Paris.
  3. Un appel à une politique ambitieuse de développement du train de nuit par la SNCF.

« En tout cas, nous ne lâcherons rien, prévient Stéphane Coppey. Nous continuerons à mener un lobbyisme intensif pour accompagner l'avenir de ce moyen de transport. »

La France, mauvaise élève européenne du rail ?

L'association questionne également le positionnement de la France au niveau européen : « L'État va-t-il continuer à rester le dernier des pays européens frontaliers en investissement ferroviaire annuel par habitant, alors que dans les années 1970-1980, avant le TGV, il était dans le trio de tête, au monde, avec le Japon et la Suisse ? »

Ce colloque marque donc une étape importante dans la mobilisation pour la défense du train de nuit, mode de transport jugé essentiel pour la mobilité durable et l'aménagement des territoires, mais qui semble souffrir d'un manque chronique d'investissement et de considération politique.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale