Le Var compte désormais 33 hôtels de luxe (palaces et 5 étoiles), un chiffre qui le place au même niveau que son voisin des Alpes-Maritimes. Cette explosion de l'offre très haut de gamme, portée par les réouvertures spectaculaires du Zannier Hôtels sur l'île de Bendor et du Beauvallon à Grimaud, s'étend également aux établissements 4 étoiles, attirant massivement les investisseurs internationaux.
Deux réouvertures emblématiques
Il y a quelques semaines, la réouverture de deux établissements prestigieux 5 étoiles a créé l'événement. Sur l'île de Bendor, au large de Bandol, après cinq ans de travaux titanesques, Zannier Hôtels a ouvert le 1er mai un établissement de 93 chambres, agrémenté de huit restaurants et bars gérés par Lionel Levy, chef étoilé à Marseille, ainsi qu'un spa, un concept store, etc. À Grimaud, c'est une institution qui a rouvert ses portes fin avril : Le Beauvallon, passé sous le pavillon singapourien Como. Fermé en 2008, relancé l'été dernier pour une saison test, puis refermé huit mois pour travaux, l'hôtel Belle Époque fait rougir sa façade dans le golfe de Saint-Tropez. C'est Yannick Alléno, chef 18 étoiles, qui signe la carte du restaurant.
Avec ces deux nouvelles réapparitions et un an après la réouverture des Roches au Lavandou, le Var compte désormais 33 hôtels de luxe (5 étoiles et palaces), soit autant que les Alpes-Maritimes, et bien loin devant les Bouches-du-Rhône (17).
L'offre 4 étoiles en pleine expansion
Alors que la France compte 31 établissements classés « palace », trois d'entre eux sont situés dans le Var, précisément dans le golfe de Saint-Tropez : Cheval Blanc, le Château de La Messardière et La Réserve à Ramatuelle. En 2026, le département affiche 33 hôtels de luxe, et cette montée en gamme devrait s'accentuer. Var Tourisme estime que les projets à venir portent vers environ 40 établissements de ce standing d'ici 2028.
Le mouvement touche aussi le 4 étoiles : en un an, le nombre d'établissements est passé de 83 à 90, grâce à des investissements de valorisation menés au Provençal sur la presqu'île de Giens, au Château Rose à Grimaud, ou encore à L'Orangeraie à La Croix-Valmer. Atout France a également décerné quatre étoiles au Mirage à Bormes-les-Mimosas, qui a doublé sa capacité avec 73 clés et confié la carte à Anthony Denon, chef étoilé toulonnais. L'inauguration est prévue le 17 juin. Sans oublier l'ouverture au printemps de l'Hôtel Ventura à Saint-Tropez, adresse rétrochic rejoignant la Tapestry Collection by Hilton.
Un luxe discret et une diversification
« Tous ces établissements proposent un luxe discret où l'émotion l'emporte sur l'ostentation », estime Anthony Matteuzzi, directeur adjoint de Var Tourisme. C'est l'une des clés de la réussite varoise, même si dans le 4 étoiles, le Var ne tient pas encore la comparaison avec le 06 (149 hôtels). Mais le luxe étant une valeur refuge, plusieurs propriétaires souhaitent monter en gamme, comme le Surplage Hôtel au Lavandou, fermé depuis les inondations de mai 2025, qui ambitionne un repositionnement 5 étoiles avec 58 suites, spa, piscine, kids club.
Au Lavandou, Les Roches jouent l'atout calme et nature. Leur réouverture le 1er juillet 2025 a amorcé la montée en gamme. Avec 42 chambres à partir de 615 euros la nuit, un restaurant étoilé (L'Oursin), un spa de 400 m² et des œuvres d'art, l'établissement mise sur une expérience différente de Saint-Tropez. « On capte des gens en demande de quiétude, de déconnexion et d'environnement naturel », explique Chloé Schmitt, directrice d'exploitation. Elle voit d'un bon œil l'ouverture potentielle d'un hôtel de luxe à proximité, le Dauphin vert, car cela fera monter le lieu en gamme.
Réinventer son histoire
Pour sa première saison, Les Roches n'ont pas explosé les compteurs, mais les réservations, essentiellement françaises et régionales, ont légèrement dépassé les attentes. Classé 5 étoiles à la mi-août 2025, l'établissement attend une saison 2 plus internationale grâce à son référencement et à des actions de communication ciblées. L'établissement vient d'être nommé dans la sélection du prix Versailles remis par l'Unesco dans la catégorie « plus bel hôtel du monde ».
Le luxe ne craint pas la crise
Jean-Pierre Ghiribelli, président général de l'Union des métiers de l'hôtellerie-restauration (Umih 83), voit d'un bon œil cette montée en gamme : « C'est une excellente chose, car dans ce département, ce sont les hôtels haut de gamme qui ont le meilleur taux d'occupation. Le luxe ne craint pas la crise, c'est incroyable ! » Alors que l'objectif de quarante hôtels 5 étoiles est annoncé, il confirme que des investisseurs très fortunés le contactent régulièrement pour trouver des hôtels à vendre ou des terrains à lotir, essentiellement des étrangers. « Le placement hôtelier reste excellent. Quand un hôtel marche très bien, il génère de gros bénéfices », considère-t-il.



