La saison touristique 2026 sur la Côte d’Azur atteint sa mi-parcours avec un constat en demi-teinte. Alexandra Borchio-Fontimp, présidente de Côte d’Azur France Tourisme, le résume d’emblée : « Nous ne sommes pas dans des niveaux records. » Les touristes ne boudent pas la destination, mais leur façon de voyager a profondément changé. Réservations de dernière minute, courts séjours, consommation en baisse : les indicateurs témoignent d’une prudence générale.
« Le contexte international, le pouvoir d’achat, la hausse du prix des carburants ou encore la canicule expliquent cette prudence », détaille la présidente. Elle ajoute : « Les gens réservent de plus en plus à la dernière minute, restent moins longtemps et consomment moins. »
La restauration en première ligne
Ce climat pèse notamment sur la restauration. Le secteur est « particulièrement touché » par le repli de la consommation. Pour y faire face, Côte d’Azur France Tourisme et la CCI Nice Côte d’Azur ont lancé la campagne « On se fait un resto ». L’objectif est d’inciter les vacanciers, mais aussi les habitants des Alpes-Maritimes, à se rendre dans la restauration traditionnelle. Il s’agit à la fois de soutenir les professionnels et de mettre en avant le patrimoine culinaire local.
Trafic aérien et nouvelles clientèles
Du côté du transport aérien, les signaux sont plus positifs. En juillet, le trafic est en légère progression par rapport à l’été 2025. Pour le mois d’août, les réservations affichent également une légère hausse, selon la présidente.
Les clientèles étrangères les plus dynamiques sont celles d’Europe centrale et de l’Est, d’Amérique du Sud, d’Inde, d’Amérique du Nord et d’Océanie. À l’inverse, certains pays d’Europe de l’Ouest enregistrent un recul, notamment les Pays-Bas, l’Autriche et l’Allemagne. « Nous n’avons pas encore d’explication à ce phénomène », reconnaît Alexandra Borchio-Fontimp.
La répartition de la clientèle reste marquée par la part des visiteurs internationaux : 60 % d’étrangers et 40 % de Français.
Hôtellerie et locations : des dynamiques contrastées
Dans l’hôtellerie, les réservations de juillet sont stables par rapport à l’an dernier. Pour août, elles sont en recul à ce stade, mais la tendance aux réservations tardives rend toute prévision incertaine. « Il faudra donc attendre pour tirer un bilan définitif », précise la responsable.
Les incendies dans le Sud-Ouest pourraient toutefois modifier la donne. « Une destination estivale qui subit des annulations verra forcément une partie de ces voyageurs se reporter ailleurs sur le pourtour méditerranéen, peut-être chez nous », observe-t-elle, en soulignant le caractère très conditionnel de ce report.
Les locations entre particuliers évoluent différemment. En juillet, le volume de nuitées est en hausse. Pour août, le taux d’occupation devrait rester élevé. Comme l’offre de logements augmente chaque année, un taux d’occupation stable signifie en réalité que le nombre de réservations progresse.
Septembre, un mois déjà solide
Pour la fin de saison, les perspectives sont encourageantes. Les réservations de septembre sont « excellentes », selon Alexandra Borchio-Fontimp. Ce mois constitue déjà une bonne période touristique depuis plusieurs années sur la Côte d’Azur. Malgré un contexte économique et géopolitique incertain, les prévisions restent solides.



