Traversée transatlantique à bord du Neoliner Origin : récit d'un passager gardois
Traversée transatlantique à bord du Neoliner Origin

Le Gardois Patrick Guillotin est revenu de son périple à bord du Neoliner Origin, un gigantesque cargo à voile nouvelle génération. Dix-sept jours en mer entre Saint-Nazaire et Saint-Pierre-et-Miquelon, au rythme des vagues, des rencontres et des assiettes qu'il fallait parfois retenir à deux mains.

Un cargo à voile révolutionnaire

Quand certains collectionnent les magnets sur le frigo, Patrick Guillotin, lui, collectionne les traversées improbables. Le 13 mars dernier, le retraité originaire de Cabrières embarquait à bord du Neoliner Origin, un impressionnant cargo à voile de 136 mètres, flambant neuf et capable de transporter marchandises… et quelques passagers chanceux. Équipé de voiles de 3 000 m2, capable d'embarquer jusqu'à 12 passagers et 14 membres d'équipage, le navire est mis en service à la mi-2025 et consomme cinq fois moins de carburant qu'un cargo classique, reliant Montoir-de-Bretagne à Baltimore via Saint-Pierre-et-Miquelon et Halifax.

Une traversée mouvementée

Premier arrêt donc pour Patrick : Saint-Pierre-et-Miquelon après huit jours de traversée de l'Atlantique. Et autant dire que le voyage n'a pas ressemblé à une croisière pépère sur la Méditerranée. "Il y a eu une période très houleuse. À table, il fallait tenir sa chaise et son assiette !", raconte Patrick en riant. Sur les cartes météo, "il n'y avait quasiment que du rouge", signe de vents particulièrement musclés. Mais pour cet ancien de l'aéronaval, habitué des grandes aventures marines, hors de question de se laisser impressionner.

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Une ambiance conviviale à bord

À bord, huit passagers seulement partageaient le quotidien des quatorze membres d'équipage. Très vite, les barrières tombent. "Dès le premier repas, on mangeait avec les officiers et le commandant. Le capitaine était super, blagueur. Il montrait bien qu'il n'était pas un dieu, mais complètement accessible. Il mettait l'ambiance à lui tout seul !", se souvient le Gardois. Une ambiance presque familiale s'installe alors entre les passagers, venus parfois pour effectuer la boucle complète de 28 jours jusqu'à Baltimore. Patrick, lui, a débarqué à Saint-Pierre-et-Miquelon après 17 jours.

Des yaourts français au milieu de l'Atlantique

Mais le Neoliner n'est pas qu'un terrain de jeu pour amoureux du large. Le navire transporte aussi des marchandises fraîches jusque dans l'archipel français au sud de l'île canadienne de Terre-Neuve. "On a déchargé des fruits, des légumes, des salades et des produits laitiers. Là-bas, tout le monde était content de voir arriver des yaourts français !" Avant ce cargo à voile nouvelle génération, certains produits ne pouvaient tout simplement pas arriver à temps avant leur date de péremption.

Baleines, dauphins et artistes

Entre deux manœuvres et les visites de l'immense navire, les passagers scrutent l'horizon. "On traquait les baleines et les dauphins", sourit Patrick, encore émerveillé par la taille du bateau. "Pour regarder entièrement les mâts, on est obligé de tomber la tête en arrière." Et puis il y avait les rencontres improbables. Comme ce couple d'artistes. "Ils photographiaient la mer puis envoyaient les images dans une machine qui les reproduisaient point par point. C'était fascinant." Au fond, ce que Patrick retiendra surtout de cette traversée, ce ne sont ni les voiles géantes ni les tempêtes atlantiques. "Le plus génial, c'était la convivialité."

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