Tourisme tunisien affecté par les coupures d'électricité et d'eau
Tourisme tunisien affecté par les coupures d'électricité et d'eau

Les coupures d'électricité et d'eau à répétition en Tunisie affectent durement le secteur du tourisme, au cœur de la saison estivale. « Les gens viennent ici pour se reposer, mais il devient très difficile de leur offrir cette sérénité », témoigne un hôtelier de la région de Hammamet, qui préfère garder l'anonymat.

Des hôtels privés de confort

Dans de nombreux établissements, les coupures d'électricité paralysent la climatisation, les cuisines et les équipements de loisirs. Les pannes d'eau, elles, perturbent l'approvisionnement des piscines et des chambres. Les touristes, souvent venus chercher le calme et le confort, se retrouvent confrontés à des désagréments quotidiens.

« Certains clients ont demandé à écourter leur séjour », ajoute un directeur d'hôtel à Djerba, autre destination prisée. Les annulations se multiplient, et les avis négatifs sur les plateformes de réservation ternissent l'image du pays.

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Un impact économique majeur

Le tourisme représente environ 7 % du produit intérieur brut tunisien et constitue une source de devises essentielle. Or, selon les professionnels du secteur, les réservations pour les prochaines semaines sont en diminution. Certains hôtels, notamment dans les zones intérieures, voient leur taux d'occupation chuter de près de 20 % par rapport à la même période l'an dernier.

Les petites structures sont les plus vulnérables, faute de générateurs de secours et de réserves d'eau suffisantes. Plusieurs d'entre elles risquent la fermeture si la situation persiste.

Des causes structurelles

La Tunisie subit depuis plusieurs années un stress hydrique accru, aggravé par les sécheresses répétées. Les barrages destinés à l'eau potable ont atteint des niveaux critiques, et les stations de dessalement ne suffisent pas à couvrir la demande.

Côté électricité, le réseau national est fragilisé par une production insuffisante et une consommation en hausse, surtout en été. Les coupures sont organisées par rotation, touchant en priorité certaines régions, y compris touristiques.

Les autorités tentent de rassurer

Le gouvernement tunisien assure œuvrer pour améliorer l'approvisionnement. Des investissements sont annoncés dans les énergies renouvelables et le dessalement de l'eau de mer. « Nous avons conscience de l'importance du tourisme pour notre économie et nous déployons tous les moyens pour limiter les désagréments », indique un responsable du ministère du Tourisme.

Mais les professionnels restent sceptiques. Pour eux, la priorité est d'assurer un service minimal dans les zones touristiques, quitte à privilégier certains quartiers. « On ne peut pas accueillir des visiteurs du monde entier sans électricité et sans eau », insiste un syndicaliste du secteur.

Une image à restaurer

Le secteur avait déjà été frappé par plusieurs crises, depuis la pandémie de Covid-19 jusqu'aux tensions régionales. La saison 2026 représentait un espoir de redressement, avec une fréquentation en hausse dans certaines villes côtières.

À Sousse, Monastir ou encore Zarzis, les acteurs du tourisme espèrent que les autorités prendront des mesures urgentes pour sauver la saison. « Nous avons besoin d'une solution durable, pas de promesses », conclut l'hôtelier de Hammamet.

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