Rous lou bandit : une œuvre d'André Chamson traduite en provençal par Philippe Reig
Rous lou bandit : André Chamson traduit en provençal

Les éditions des régionalismes publient ces jours-ci Rous lou bandit, pour le centenaire de la parution de Roux le bandit, un court récit qui marqua, en 1925, l’entrée en littérature d’André Chamson. Cette édition est tout à fait originale puisqu’il s’agit d’une traduction en provençal de l’œuvre, réalisée par Philippe Reig.

André Chamson : un écrivain nîmois aux multiples facettes

André Chamson, né à Nîmes en 1900, fut historien, académicien français et résistant, mais aussi majoral du Félibrige. C’est à la demande de sa petite-fille, Catherine Velle, séduite par le parler provençal lors d’un hommage rendu à son grand-père, que Philippe Reig s’est engagé à traduire dans cette langue deux ouvrages de l’auteur disparu en 1983. En effet, si André Chamson eut une importante production littéraire, un seul de ses ouvrages fut écrit en provençal : un recueil de poèmes, Lou ramas de pin negre.

Philippe Reig : un parcours atypique

Philippe Reig, entré jeune comme électromécanicien dans la marine nationale, a ensuite fait carrière dans l’industrie, acquérant un diplôme d’ingénieur du CNAM en automatisme et robotique. Originaire du Midi, sa vie professionnelle l’y a ramené, mais ce n’est qu’à l’heure de la retraite qu’il s’est mis à apprendre le provençal, dont il n’avait que quelques réminiscences du parler de son arrière-grand-père. Il s’inscrit à l’université de Montpellier et, au terme d’un cursus de plus de dix ans, devient, en 2022, docteur en littérature occitane. Dans le même temps, il gravit tous les échelons du Félibrige, qu’il qualifie « d’idéal de vie », eu égard aux notions philosophiques et culturelles qu’il promeut.

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En 2022 encore, il en devient majoral et reçoit la Cigale d’or. Membre du consistoire ainsi que de l’académie de Saint-Gilles et Camargue, Philippe Reig enseigne le provençal dans des écoles (L’Escolo de Tradicioun de Bèucaire, etc.), à des élèves et à des formateurs. Il est aussi téléaste (Télé Mistral), tintinophile et, au sein de la nouvelle municipalité, conseiller délégué à la culture et aux traditions.

L’histoire de Roux le bandit

L’ouvrage qu’il a traduit est l’histoire d’un dénommé Roux, un paysan qui, en 1914, refusant la mobilisation au nom de ses principes religieux (« Tuaras pas, Tu ne tueras point ! »), s’enfuit dans la montagne. Toute la vallée qu’il habitait condamna cette désertion, le surnommant « le bandit » et souhaitant que les gendarmes le prennent. Mais avec les années de guerre, et en apprenant les horreurs de celle-ci, les gens en vinrent à le comprendre, à l’accepter parmi eux et à regretter son arrestation à la fin de la guerre. Rous lou bandit bénéficie de quelques belles illustrations et pourrait constituer un premier pas dans la lecture de la langue provençale. C’est aussi un amusant clin d’œil que Roux le bandit figure ces jours-ci dans l’actualité de Manduel.

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