Préparer son pèlerinage à Compostelle : les conseils de marcheurs expérimentés
Préparer son pèlerinage à Compostelle : conseils de marcheurs

Quels chemins emprunter ? Quel matériel prendre ? Quelle quantité de vêtements ? Autant de questions que se posent les futurs pèlerins avant de s'aventurer sur les chemins de Compostelle. Pour les aider, des marcheurs expérimentés partagent leurs astuces.

Choisir son itinéraire

Avant de sortir les cartes IGN, sachez qu'il n'existe pas un mais de nombreux chemins menant à Compostelle. Rien qu'en France, plus de 20 000 kilomètres sont balisés sur 61 chemins de Saint-Jacques, avec quatre voies principales jusqu'au pied des Pyrénées : la voie du Puy (départ du Puy-en-Velay, Haute-Loire), la plus fréquentée, la voie d'Arles, la voie de Vézelay (Yonne) et la voie Paris-Tours, le chemin millénaire. En Espagne, le Camino Francés est le plus emprunté, mais il existe aussi des tracés alternatifs pour rejoindre la Galice. Des chemins existent également au Portugal, en Italie, en Allemagne et dans toute l'Europe.

Avant de choisir son tracé, déterminez la durée de votre pèlerinage. « La durée moyenne est autour de dix jours », souligne Laure Koupaliantz, directrice de l'Agence française des chemins de Compostelle. Il n'est pas obligatoire de parcourir tout le chemin jusqu'à Compostelle : depuis Le Puy-en-Velay jusqu'à la Galice, il faut compter entre huit et dix semaines. Vous pouvez fragmenter votre itinéraire, reprendre là où vous vous êtes arrêté, ou tout faire d'une traite. « Chacun sa route, chacun son chemin », comme le chantait Tonton David.

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Évaluer sa condition physique

Nul besoin d'être un grand sportif pour se lancer. « C'est accessible à tout le monde, j'ai même croisé des personnes en surpoids », confie Séverine, de Caen, qui a randonné sept jours en mai jusqu'au plateau de l'Aubrac. « Là, c'est plus sportif, il faut avoir un peu d'endurance car il y a 1 400 mètres de dénivelé. » Certaines parties sont plus difficiles que d'autres. Interrogez-vous sur votre condition physique pour savoir à quel rythme et sur quelle durée vous pouvez marcher.

Ne partez pas sans un minimum d'entraînement. « Il faut déjà s'entraîner à marcher et voir si on est capable de marcher entre 20 et 25 kilomètres par jour, ce qui est la moyenne, indique Laure Koupaliantz. On peut adapter son parcours, mais tout cela s'organise. » Jean, qui a déjà une dizaine de pèlerinages à son actif, conseille de « préparer son corps » qui va forcément souffrir. « Il y aura forcément des ampoules ou des petites tendinites, c'est obligé », assure le retraité.

Alléger son sac à dos

Mieux vaut voyager léger. « Il faut bien choisir son sac et surtout ne pas trop le charger, ne pas s'encombrer de superflu », souligne Laure Koupaliantz. La plupart des pèlerins conseillent de ne pas dépasser 10 kg. Pauline, créatrice de contenu derrière le compte Insta @tusaispasquoiii, partie cet automne du Puy-en-Velay jusqu'à Compostelle, portait 14 kg. « C'était beaucoup trop, mais je n'ai pas réussi à faire light, explique-t-elle. J'avais pris trop de vêtements, de médicaments, une tablette. Je ne me suis pas servie de tout, mais je n'étais pas mécontente d'avoir des vêtements en plus, cela m'évitait de faire des lessives. » Si vous avez trop chargé, vous pouvez vous délester en cours de route. « Si vous voyez que vous avez des affaires en trop, vous pouvez les renvoyer par La Poste », conseille Suzanne, auteure du blog L'instant vagabond.

Choisir le bon équipement

Outre le sac à dos, il vous faudra de bonnes chaussures de randonnée, déjà un peu usées. « Il vaut mieux prendre une taille ou deux au-dessus pour ne pas être trop serré à l'intérieur », indique Pauline. Après plusieurs heures de marche, vous serez content de retrouver vos claquettes ou sandales. Pour la garde-robe, prenez de bonnes chaussettes, un vêtement chaud et imperméable, ainsi qu'une casquette ou un chapeau. « On se rend vite compte qu'on peut vivre avec peu, souligne Laure Koupaliantz. On peut partir avec trois tee-shirts, un pantalon et un short, en privilégiant des textiles qui sèchent vite. » Elle conseille aussi de ne pas trop s'encombrer de produits d'hygiène : « On trouve des savons qui font shampoing, douche et barbe. » Certains opteront pour des bâtons de marche.

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Réserver son logement

Il y a ceux qui partent à l'arrache, comme Suzanne qui n'avait « rien booké à l'avance », dormant parfois en bivouac ou dans des gîtes. Mais si vous partez en haute saison (mai à septembre), mieux vaut anticiper et réserver vos nuitées dans les gîtes, auberges ou hôtels. « Dans certains secteurs plus urbains, il n'y aura pas de souci pour trouver un hébergement, mais ce n'est pas le cas partout », prévient Laure Koupaliantz. Séverine en témoigne : « C'est compliqué de trouver de la place parfois dans des gîtes ou auberges qui sont blindés. Mais par chance, j'ai rencontré une randonneuse et désormais amie qui avait tout réservé à l'avance et j'ai pu en profiter. » Le conseil : réservez votre hébergement le matin pour le soir même, ou mieux, la veille pour le lendemain.