Le port de plaisance du Chichoulet, situé à Vendres sur les bords de l'Aude, traverse un été difficile. Les commerçants constatent une nette baisse de fréquentation, malgré des conditions météorologiques idéales. Certains visiteurs, comme ce père de famille, s'étonnent : « C'est mort ici ! Tout a l'air fermé. »
Des commerces en difficulté
Parmi les enseignes touchées, « Occitanie coquillages », une boutique de vente directe de crustacés, voit son chiffre d'affaires chuter. Patrice, saisonnier depuis un an, explique : « Normalement, une bonne journée c'est environ 2 800 €. En ce moment on est à 1 000 €, alors qu'en 2025, nous faisions 3 000 € jour pour jour. » Ce commerce, créé en 1990, spécialisé dans l'affinage des huîtres, doit compter sur les touristes étrangers, plus dépensiers selon Patrice.
À la « Moule occitane », la terrasse peine à se remplir. Une serveuse résume : « C'est très calme. Les touristes manquent. » L'office du tourisme de Vendres, par la voix de Mélanie, responsable, évoque un mois de juillet « en retrait » et pointe un « manque de pouvoir d'achat » des vacanciers plutôt qu'une baisse de fréquentation.
La fête de la mer comme espoir
Ce jeudi 6 août, le port accueille la traditionnelle fête de la mer. Thierry Blanc, gérant de « Culture Marine », producteur de coquillages depuis 35 ans, rappelle : « Le concept au départ c'était surtout de mettre en avant le site. » Au programme : dégustations d'huîtres et de moules, stands de vignerons, grillades, concerts et marché nocturne. Un concours de pétanque est prévu à 14 h 30.
Mais l'événement a perdu de sa superbe. Thierry Blanc se souvient : « À l'époque, il y avait plein de producteurs, l'un faisait des brasucades de moules, un autre faisait des paellas, chacun travaillait un peu. C'était comme des bodegas. » Aujourd'hui, les producteurs sont moins nombreux, mais les commerçants espèrent une forte affluence.
Des restaurateurs inquiets
Mathilde, à la tête du restaurant « Au Cabanon » depuis deux mois, parle d'une « mauvaise saison », malgré un mois de juin correct grâce aux touristes belges et allemands. Un couple de vacanciers, Camille et Julien, explique réduire leurs dépenses : « Aller faire un restaurant devient un peu plus exceptionnel. On privilégie les loisirs gratuits comme la plage ou les balades. »
La situation illustre les difficultés économiques que rencontrent de nombreux ports de plaisance en France, où la fréquentation touristique ne se traduit pas toujours en retombées pour les commerces locaux.



