Vagues de chaleur, inflation, incendies, guerres… Les inquiétudes étaient nombreuses avant le lancement de la saison touristique en Occitanie. Alors que les premiers vacanciers ont pris leurs quartiers d’été, les professionnels dressent un premier bilan contrasté. Si les touristes sont bien au rendez-vous, leur consommation est en nette baisse.
Une fréquentation stable mais des dépenses en berne
À Palavas-les-Flots (Hérault), la plage de l’Hôtel de Ville est bondée. « Les touristes sont là », assure Laure Pasquet, directrice de l’office de tourisme de Palavas. Pourtant, le contexte compliqué – feux de forêts, Coupe du Monde de Football, baisse du pouvoir d’achat, vagues de chaleur, hausse du prix de l’essence, conflits internationaux – fait craindre une saison difficile. « Sur la station balnéaire, on a eu une hausse de la fréquentation en mai puis une légère baisse en juin. Cette diminution semble se confirmer en juillet », explique-t-elle. En chiffres, cette baisse de fréquentation est estimée à – 0,2 % de taux d’occupation des logements touristiques. Une donnée similaire sur l’ensemble du littoral occitan, de Collioure (Pyrénées-Orientales) au Grau du Roi (Gard) en passant par Leucate (Aude).
« Les touristes sont là, mais ils consomment moins », souffle Laure Pasquet. À midi, les terrasses du quai Paul Cunq sont quasi désertes. Le soir, les spectacles aux arènes de Palavas ne font pas le plein. « On a une baisse de fréquentation de près de 15 % pour nos spectacles de taureau piscine. Ce sont habituellement des évènements très prisés par les touristes, mais pour l’heure ça patine », lance Vincent Ribera, directeur des arènes de Palavas. Même tendance aux arènes du Grau du Roi, second site géré par le même producteur d’événements.
L’arrière-pays également touché
À plus de 200 kilomètres des plages, en Lozère, la situation est similaire. Denis Carminati, ancien hôtelier-restaurateur à Sainte-Énimie (Lozère), désormais à la tête de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de la Lozère (UMIH 48), décrit un territoire « où l’on retrouve la nature, de grands espaces et une météo clémente, avec notamment une fraîcheur nocturne ». Les mois de mai et juin ont été bons, mais juillet est « compliqué ». « J’ai passé quelques coups de fil à mes collègues du département, ils me disent tous que c’est maussade », indique le retraité de 74 ans. D’après les estimations du syndicat patronal, en Lozère, le taux de remplissage atteint 60 %, soit 5 à 10 % de moins que l’année dernière.
Alexandre Rouzier, patron de l’office de tourisme de l’Aubrac et des Gorges du Tarn, confirme : « C’est très calme pour l’instant. Il manque clairement des familles avec enfants et des randonneurs. Heureusement que l’on a les touristes locaux, ceux qui viennent de Montpellier le temps d’un week-end par exemple. Sans oublier les touristes étrangers, très importants pour nous car ils ont un pouvoir d’achat plus important que le nôtre. »
La clientèle étrangère, un atout précieux
Sur les sites touristiques d’Occitanie, on entend parler espagnol, allemand, flamand… « On a aussi beaucoup de voyageurs américains », témoigne Brice Sannac, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie des Pyrénées-Orientales (UMIH 66). « Attirer la clientèle internationale, c’est important », ajoute l’hôtelier-restaurateur catalan. La région l’a bien compris, notamment avec le site internet Choose Occitanie, vantant les mérites du tourisme régional dans huit langues différentes.
« Le contexte actuel n’aide pas. Il faut donc que la Région soit plus agressive, qu’elle communique plus sur la richesse de nos territoires afin d’attirer les touristes », explique Brice Sannac. L’été dernier, l’Occitanie a accueilli 47,2 millions de touristes, ce qui en fait la troisième région la plus visitée de France. « On espère faire une saison similaire à celle de l’année dernière », lance le président de l’UMIH 66. Rendez-vous en septembre pour faire les comptes.



