Le président élu colombien rompt les relations avec Cuba et le Nicaragua
Colombie: rupture diplomatique avec Cuba et Nicaragua

Le président élu de Colombie, Gustavo Petro, a annoncé ce lundi 27 juillet 2026 son intention de rompre les relations diplomatiques avec Cuba et le Nicaragua. Cette décision, prise avant même son investiture prévue en août, marque un tournant dans la politique étrangère colombienne.

Une annonce surprise lors d'une conférence de presse

Lors d'une conférence de presse tenue à Bogotá, Gustavo Petro a déclaré : « Nous ne pouvons pas rester indifférents face aux violations systématiques des droits de l'homme dans ces pays. La Colombie doit être un exemple de démocratie et de respect des libertés fondamentales. » Il a ajouté que les ambassadeurs colombiens à La Havane et à Managua seront rappelés immédiatement.

Selon des sources proches du gouvernement colombien, cette décision faisait partie des engagements de campagne de Petro, qui avait critiqué à plusieurs reprises les régimes de Miguel Díaz-Canel et de Daniel Ortega. « La rupture était inévitable après les récents rapports de l'ONU dénonçant les répressions à Cuba et au Nicaragua », a confié un conseiller diplomatique sous couvert d'anonymat.

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Des conséquences économiques et politiques

Cette rupture diplomatique aura des implications significatives. Selon les données du ministère colombien du Commerce, les échanges bilatéraux avec Cuba s'élevaient à 150 millions de dollars en 2025, principalement dans les secteurs pharmaceutique et agricole. Avec le Nicaragua, les échanges étaient plus modestes, autour de 40 millions de dollars. Les accords de coopération en matière de lutte contre le narcotrafic seront également suspendus.

Sur le plan politique, cette décision renforce l'isolement des deux pays dans la région. Le Venezuela, allié de Cuba et du Nicaragua, a immédiatement condamné l'annonce. « C'est une décision impérialiste qui ne sert que les intérêts des États-Unis », a tweeté le ministre vénézuélien des Affaires étrangères. En revanche, les États-Unis ont salué la position ferme de Petro. Le secrétaire d'État américain a qualifié cette annonce de « pas courageux vers la défense de la démocratie ».

Réactions internationales contrastées

L'Union européenne a pris acte de la décision, tout en appelant au dialogue. « Nous encourageons toutes les parties à privilégier la voie diplomatique », a déclaré le porte-parole du Service européen pour l'action extérieure. L'Organisation des États américains (OEA) n'a pas encore réagi officiellement, mais des sources internes indiquent que le secrétaire général soutient la mesure.

À Cuba, le gouvernement a dénoncé une « ingérence inacceptable » et a annoncé l'expulsion du chargé d'affaires colombien à La Havane. Le Nicaragua a suivi le même mouvement, qualifiant Petro de « marionnette de Washington ».

Un impact immédiat sur la région

Les experts estiment que cette rupture pourrait affaiblir les mécanismes régionaux de coopération, notamment la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC). « La Colombie était un pont entre les blocs progressistes et conservateurs. Cette décision polarise davantage l'Amérique latine », analyse Maria Fernanda Perez, chercheuse à l'Université des Andes.

Pour Gustavo Petro, ce choix comporte des risques : il pourrait perdre le soutien de certains partis de gauche au Congrès. Cependant, son discours musclé contre les régimes autoritaires pourrait séduire les électeurs modérés. Les prochains jours diront si cette annonce est le prélude à une recomposition des alliances régionales.

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