À Montpellier, un projet ambitieux de "vallée du vélo" inspiré de la Chine
Montpellier : une "vallée du vélo" inspirée de la Chine

Imaginé par Antoine Delmur et inauguré ce 13 juin, Maake est un écosystème inédit qui vise à rassembler différentes marques et entreprises du deux-roues pour créer une sorte de "vallée du biclou". Ce projet ambitieux se veut une réindustrialisation locale inspirée du modèle chinois.

Un projet né d'une triple casquette

C'est peut-être bien parce qu'il porte cette triple casquette de l'ingénierie, du marketing et de la communication, ajoutée à la passion du biclou chevillée aux mollets, que le Montpelliérain Antoine Delmur a décidé de changer de braquet. Le fondateur de la marque Cyckl (prononcer cycle), une entreprise spécialisée dans la conception de vélos en titane sur-mesure née il y a quatre ans, a voulu voir plus grand. Mais pas dans le sens communément admis. Il a eu envie de se servir de sa marque pour imaginer tout un écosystème dédié au deux-roues : un regroupement de marques interdépendantes dont la proximité permettrait à chacune de progresser plus vite et de manière plus sécurisée dans le monde de l'entrepreneuriat.

Maake : un "hôtel industriel" sur le modèle chinois

Cette espèce d'"hôtel industriel sur l'exemple chinois", au dire de son concepteur, est dénommé Maake et ouvert au numéro 1 de la rue du Lantissargues, dans le quartier des Prés-d'Arènes. Il s'agit d'une sorte de réindustrialisation pour tenter de reprendre (un tout petit peu) la main sur le modèle de l'Empire du milieu. Lequel, à l'inverse de l'Hexagone et de l'Europe, s'est sur-industrialisé. Preuve (parmi tant d'autres) : "Aujourd'hui, ils peuvent imprimer en trois dimensions un vélo en titane grâce à une imprimante qui a servi à fabriquer les moteurs de leur lanceur spatial Chang Zheng", s'enthousiasme Antoine Delmur.

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Les marques abritées par Maake

Voici les marques actuellement installées au sein de Maake et quelques-uns des projets à venir :

  • Cyckl : vélos en titane conçus et assemblés à Montpellier.
  • Reset : vente et montage de BMX (vélo de cross) et leurs accessoires. Actuellement, Reset et Cyckl planchent sur la conception du futur BMX d'un champion du monde de la discipline.
  • Studio Bike Fit : ce cabinet d'études posturales développe des modèles exploitant la data biométrique pour concevoir des cadres imprimés en 3D titane sur mesure.
  • Maake Factory : chaînes d'assemblage et de personnalisation (anodisation, gravure laser, film résine UV) équipées, et prochainement de l'outillage spécifique (peinture céramique, machine-outil CNC, imprimante métal CNC). Et entre autres projets : devenir le sous-traitant de différentes marques mondiales de vélo pour réaliser ces assemblages sur place.
  • Gasta Brunch : un café (bientôt ouvert) porté par Gasta Boy, concepteur artisanal de vélos aux cadres faits à partir de différentes essences de bois, basé à Villeveyrac.

Un programme riche pour le week-end

Samedi : ouverture (16 h), inauguration (18 h), apéritif (19 h), bar éphémère et disc-jockey (20 h). Visites guidées des coulisses de Maake. Dimanche : sortie gravel (9 h) avec le collectif Original Montpellier Gravel, brunch au bistro Restanque (12 h), démonstration de BMX Freestyle par Anthony Jeanjean (champion du monde) à 14 h.

"Pour une fois, on va copier les Chinois !"

Qui le constate jour après jour : "Nous avons perdu les structures performantes pour fabriquer. Alors, je me suis demandé comment faire et comment monter en terme d'échelle. Puis je me suis dit : Pour une fois, on va copier les Chinois ! Ils sont structurés en écosystème. Là-bas, l'industrialisation va très vite. Maake, c'est la construction de cela." Avec un livre de route ambitieux : "À terme, nous pourrons fabriquer, faire tester et vendre des vélos. L'idée est de grandir petit à petit. Aujourd'hui, nous faisons de l'assemblage, de la logistique, du stockage et de la personnalisation. Bientôt nous y ajouterons la mise en couleur des cadres à la peinture céramique, puis l'usinage contrôlé informatiquement (CNC) et la fabrication des cadres (aujourd'hui produits en Asie) en trois dimensions, et la modélisation du vélo avec des délais de fabrication compris entre six et huit semaines."

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Première bougie pour Restanque

En 2023, Line UP a été lauréat du permis d'imaginer initié par la Ville et la Métropole pour un terrain (appelé Ruxix) rue du Lantisargues. Keini Liguagua et Franck Noto ont alors transformé cet ancien entrepôt de pièces détachées en un tiers-lieu artistique et culturel accueillant douze ateliers, des bureaux, une galerie d'art, un bistrot audiophile ou encore une salle de cours, inauguré l'an dernier. Un an plus tard, Restanque a vu avec l'arrivée sur la parcelle voisine de Maake une opportunité de lancer un partenariat étroit entre les deux structures. Pour célébrer ce rapprochement et souffler la première bougie de Restanque, les deux entités ont décidé d'organiser un événement gratuit et commun ces 13 et 14 juin sous la forme d'une block party, ces fêtes populaires d'outre-Atlantique qui faisaient florès dans les années soixante-dix.

"Maake a pour vocation de regrouper les communautés cyclistes"

Mais au-delà de sa seule marque, Antoine Delmur espère voir croître les autres marques abritées ici. "Maake a pour vocation de regrouper les communautés cyclistes", de Monsieur-tout-le-Monde au sportif de haut niveau en passant par le professionnel de la cyclologistique. Parallèlement, Antoine Delmur continue de peaufiner ses propres modèles. "Mon objectif n'est pas de vendre un vélo à dix mille euros." Mais de poursuivre dans la voie tracée par le Mono, un titane sorti l'an dernier vendu moins cher que celui vendu (environ trois mille euros par un grand groupe bien connu) "et qui soit évolutif et réparable avec un cadre garanti à vie et ne requérant pas d'outils spéciaux pour l'assembler". Puis "un électrique/classique deux en un".