Il y a les façades, le côté face que tout le monde voit. Des noms bien connus, certains historiques. Et puis, il y a les coulisses, le côté pile que seuls quelques-uns connaissent. Les salariés dans les entreprises, les bénévoles dans les associations, les artisans dans leurs ateliers, les agriculteurs dans leurs exploitations. Bref, tous ceux qui y travaillent mais pas le client et encore moins le touriste. Et pourtant, il y a là, derrière le rideau, tout un monde à découvrir.
C'est sur cet envers du décor que l'office de tourisme intercommunal Provence verte et Verdon a misé pour une nouvelle offre touristique. Ce sont les Indus'3days. Une première sur le territoire. Le dispositif permet aux touristes des ailes de saison et aux locaux de visiter les entreprises, forces économiques mais aussi garantes de savoir-faire. Une vingtaine d'établissements jouent le jeu depuis le 18 mai. Jusqu'au 7 juin, quinze visites sont encore programmées.
Les secrets de la spiruline à Carcès, les coulisses du cinéma Liberté ou du centre de tri de La Poste à Brignoles, autant d'immersions qui ont fait mouche.
Des retours positifs
« Les retours sont positifs, du côté des entreprises engagées comme du côté des visiteurs », se réjouit Barbara Forlini, commerciale à l'OTI. Elle sort un peu de ses habitudes pour accompagner son petit groupe dans l'antre des Vins Bréban. Eux font partie du décor, de l'histoire même de la ville de Brignoles, comme la carrière de Candelon, autre destination proposée ce jour-là.
Une histoire familiale
« Waouh, c'est fascinant ! », s'exclame Clothilde, 27 ans, Brignolaise depuis peu et curieuse de découvrir les entreprises de la ville. La jeune femme visite les Vins Bréban installés avenue de la Burlière depuis 1952. « À l'époque c'était la zone industrielle de Brignoles », présente Jean-Jacques Bréban qui se plaît bien en guide touristique. En plus de 70 ans, l'entreprise de Raymond Bréban, le père, a bien grandi. Plus de 8 millions de bouteilles sont commercialisées par an et une bonne partie exportée un peu partout dans le monde. Entre les cuves de 7 000 litres, le long des chaînes d'embouteillage, Jean-Jacques Bréban explique tous les processus de A à Z, livre ses recettes et raconte l'histoire de son vin pétillant, de sa famille, sa passion pour son métier et le territoire. « Ici, on est loin de rien. »
Une carrière de marbre rose
Sur la route départementale 43, les automobilistes ne peuvent pas passer à côté sans la voir. La colline et sa roche mise à nu. La carrière de Candelon, tout le monde la connaît. Même Monsieur Z en a fait une illustration, il y a quelques années. Alors, les touristes d'Indus'3days se sont pressés pour aller fouler le fameux marbre rose. Gérard Mustel, le responsable du site, et Laurent Sabiani, commercial, accueillent le groupe. L'activité des quatre salariés a été mise sur pause, question de sécurité. « C'est très rare d'accueillir des personnes. On ouvre parfois pour les scolaires. Tout doit être très bien encadré », commence Laurent Sabiani.
Après un rapide rappel historique, les visiteurs pénètrent dans le cœur de la carrière. Le paysage impressionne et les échanges sont nourris. « On sort 30 000 tonnes de granulat par an. Dans le monde des carrières, c'est un petit gisement, explique Laurent. On a une autorisation d'exploitation pour 30 ans ». Des études faune-flore sont régulièrement lancées – les chauves-souris sont particulièrement surveillées –. « La carrière est très contrôlée sur les nuisances sonores, les poussières et l'impact visuel. Au fur et à mesure que les zones ne sont plus exploitées, on laisse la nature reprendre ses droits avec la terre végétale que nous avons gardée. »
Le marbre rose de Candelon est entré dans la fabrication du musée du Louvre, des basiliques Saint-Pierre de Rome et de Saint-Maximin. « On parle de la statue de la Liberté ? », s'élève une voix. « C'est une légende, souffle Laurent. Disons qu'elle n'est pas vérifiée alors on peut la laisser circuler. » Faut bien garder un peu de mystère.
Comment participer
Pour participer, il suffit de s'inscrire sur le site de l'office de tourisme Provence verte ou sur le site Indus'3days. Les places sont limitées (tarif unique de 7 euros et 6 euros en tarif réduit). Pépistach', Spiruline du Mas Eole, Concept group, le cinéma Liberté, Sylvania, les déchèteries et ressourceries de Brignoles et Saint-Maximin, la station d'épuration Organica, la carrière de Candelon, la société Lauvige, la menuiserie Pierlot, le centre de tri de La Poste, Provence distribution logistique et le Brasseur varois proposent encore des créneaux de visite.



