Les dernières données de l’Insee, publiées fin août 2026, confirment une dépendance automobile marquée dans l’Est-Var. En 2023, 88,2 % des ménages fréjusiens disposent d’au moins une voiture, contre 86,2 % des ménages raphaëlois, des proportions nettement supérieures à la moyenne nationale de 81,2 %. À Fréjus, cette part a progressé depuis 2017, passant de 86,6 % à 88,2 %, tandis qu’à Saint-Raphaël elle est restée quasiment stable, de 85,8 % à 86,2 %.
La voiture domine les déplacements domicile-travail
Pour les trajets domicile-travail, l’usage de la voiture (ou camion, fourgonnette) atteint 81,1 % des actifs ayant un emploi à Fréjus et 78,8 % à Saint-Raphaël, contre environ 73 % en moyenne nationale. Les déplacements hors de la commune se sont intensifiés : 43,3 % des actifs fréjusiens travaillent désormais ailleurs, contre 40,6 % en 2017. À Saint-Raphaël, ils sont 47 %, contre 46,5 % six ans plus tôt.
Les transports en commun restent très minoritaires pour se rendre au travail : 3,7 % à Fréjus et 4,4 % à Saint-Raphaël. Le vélo ne représente que 2,1 % des déplacements domicile-travail à Fréjus et 2 % à Saint-Raphaël. Dans de nombreux foyers, la voiture existe même en double : 29,7 % des ménages fréjusiens possèdent au moins deux voitures, contre 29,3 % à Saint-Raphaël.
Le réseau de bus attire de plus en plus de voyageurs
Malgré cette domination, le réseau de bus de l’agglomération connaît une dynamique positive. En 2023, « Le Bus » a enregistré 2 460 686 voyages, soit une hausse de 24 % par rapport à l’année précédente. Le réseau comptait alors 25 lignes urbaines, 39 services scolaires et 741 arrêts. En 2024, la fréquentation s’est établie à 2 413 294 voyages, un léger recul, mais l’agglomération a poursuivi le développement de son offre avec de nouveaux circuits scolaires à Puget-sur-Argens et Saint-Raphaël, et le renforcement de plusieurs lignes le dimanche. Le réseau propose aujourd’hui 18 lignes urbaines, 7 navettes de centre-ville et 2 lignes estivales.
La progression du bus ne signifie pas que les habitants abandonnent massivement leur voiture. Elle montre plutôt que les deux usages peuvent coexister : l’automobile reste dominante pour travailler, tandis que les transports collectifs gagnent progressivement leur place dans les habitudes.
Stationnement, covoiturage et bornes de recharge
La place réservée à la voiture reste très présente dans les logements. En 2023, 74,5 % des résidences principales de Fréjus disposent d’au moins un emplacement de stationnement, contre 77,6 % à Saint-Raphaël. À Fréjus, cette proportion a progressé depuis 2017 (73,8 % à 74,5 %), tandis qu’à Saint-Raphaël elle a légèrement reculé (78,2 % à 77,6 %).
Les mobilités commencent à se diversifier : en 2024, Estérel-Côte d’Azur Agglomération a comptabilisé 1 389 covoitureurs ayant effectué au moins un trajet, pour 14 389 trajets au total. Le territoire comptait également 49 bornes de recharge pour véhicules électriques, soit 88,5 % de plus qu’en 2023. La voiture reste donc reine, mais les alternatives commencent, doucement, à prendre davantage de place. À titre de comparaison, le réseau de bus comptait 986 489 voyageurs en 2014, il y a douze ans.



