Françoise Mauran, figure clé de la pêche sportive à Frontignan
Françoise Mauran, figure clé de la pêche à Frontignan

Françoise Mauran, Parisienne devenue Frontignanaise par amour, est l'une des chevilles ouvrières de la Pêche sportive frontignanaise, qui accueillera le 29 août son premier trophée féminin, le Ladies fishing challenge. Son parcours étonnant l'a menée de la fleuristerie à la présidence du club, sans jamais avoir eu la pêche au thon pour première passion.

Un parcours atypique

Françoise Mauran n'a jamais eu la pêche au thon pour première passion. Elle en est pourtant devenue une figure incontournable à Frontignan, non pas canne en main, mais comme cheville ouvrière du club. « Je suis un peu la femme à tout faire », s'amuse-t-elle à dire, voire la maman de tous les adhérents, qui l'appellent à la moindre question, certains qu'elle remuera ciel et terre s'il le faut pour y répondre.

Rien ne prédestinait pourtant cette fille d'horticulteurs d'Île-de-France, devenue fleuriste à Paris, à s'installer à Frontignan. Un voyage en Italie annulé la conduit chez sa sœur, en vacances à Frontignan. En descendant du train, la Parisienne se demande ce qu'elle va bien pouvoir faire en ce lieu qui ne l'inspire guère. Elle changera d'avis en croisant la route de Noël Mauran, qu'elle épouse l'année suivante en 1974, quittant tout pour travailler avec lui dans sa librairie-papeterie.

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Du Thon Club à la Pêche sportive frontignanaise

Passionné de pêche, Noël Mauran finit par acheter un bateau pour aller au large et fonde en 1981, avec sa troupe de copains, le Thon Club, futur Frontignan Thon Club. « Tout s'organisait avec les moyens du bord », se souvient Françoise, qui garde encore en mémoire l'odeur pestilentielle du broumé maison, fabriqué avec les déchets de poissons récupérés auprès d'une usine de sardines. Les jours de pêche, elle tient le magasin, puis rejoint son mari le soir pour aider à la préparation des « thonades ».

Mais entre la plage et la pêche au gros, son cœur ne balance pas : « Si je voulais rester dans l'univers de mon mari, je devais faire ce qu'il aimait, mais je ne l'ai jamais suivi sur une pêche au thon. Rester planté cinq à six heures à attendre que le thon vienne, ce n'était pas mon truc. » C'est donc depuis la terre ferme qu'elle met le pied à l'étrier, s'investissant dans la préparation des concours et des festivités. Elle est de tous les événements, avant de devenir trésorière du club en 2009, à la mort de son époux.

En 2017, un désaccord la pousse à quitter le club. Avec d'autres, elle fonde en février la Pêche sportive frontignanaise, affiliée à la Fédération française de pêche sportive. « Mon intention était de continuer ce qu'avait fait mon mari, c'était ma façon de lui rendre hommage. Je voulais aussi ne pas abandonner cet univers de la pêche et tout ce que j'avais vécu avec certains », explique-t-elle. La passion qui les anime en pêche finit également par la gagner.

Des concours à tous les niveaux

Quelques mois à peine après sa création, le jeune club, dont elle est secrétaire et vice-présidente, se voit confier par la Fédération française de pêche sportive l'organisation d'un championnat du monde pour l'année suivante. « Le président de l'époque hésitait. Moi, j'ai été partante tout de suite. C'est mon côté un peu casse-cou. C'était un sacré challenge, car nous n'avions jamais fait cela et que neuf mois pour tout préparer, avec un cahier des charges très lourd », se souvient-elle. Dix-huit équipages du monde entier en compétition, 110 prises par jour en no kill. « C'était grandiose et cela nous a donné un sacré coup de projecteur. »

Quatre ans plus tard, le club est chargé d'organiser un championnat de France, en plus de ses concours habituels : multipêche, maquereaux, Thon d'or, Trophée du muscat et calamars. Le 29 août, un nouveau rendez-vous verra le jour, celui d'un trophée féminin, le Ladies fishing challenge. « Les femmes sont désormais de la partie. Les mentalités ont évolué, ainsi que le matériel, et la pratique est plus accessible à tous », note-t-elle.

Françoise Mauran a fini par s'y mettre elle-même, pêchant son premier thon de 1,30 mètre lors du championnat de France à Saint-Cyprien en 2023, « avec de l'aide », précise-t-elle. « Ce que j'aime, c'est que le thon se bat jusqu'au bout. Puis, quand le moulinet part, c'est l'euphorie à bord », confie-t-elle.

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Une passion partagée en famille

Longtemps seule femme du bureau du club, à croiser le fer jusqu'au bout quand elle n'était pas d'accord, elle a été rejointe en 2024 par sa fille Karine, tandis que ses deux petites-filles l'épaulent dans l'organisation des concours, en amont comme tout au long de leur déroulé. Une fierté pour Françoise Mauran : le club est devenu, chez les Mauran, une véritable histoire de famille, qui prolonge l'amour de la pêche au gros de son défunt mari. « Noël serait heureux de voir que ce qu'il a créé à l'époque avec ses copains continue à vivre, et que toute sa famille y est engagée. » La relève est assurée.