La crise du Golfe redessine les cartes du tourisme mondial
Crise du Golfe : nouveau visage du tourisme mondial

La nouvelle guerre du Golfe redessine les cartes du tourisme mondial, paralysé par le blocage du détroit d’Ormuz, la flambée du cours du kérosène, qui rend prohibitifs les trajets en avion, et les incertitudes quant à la sécurité des acheminements et des destinations. Les croisiéristes, déjà confinés à bord lors du Covid, hésitent face au risque de devenir des cibles flottantes.

Un secteur en pleine mutation

Qualifié souvent de première industrie mondiale, le tourisme international, en croissance continue depuis les 25 millions de touristes des années 1950 jusqu’aux 1 200 millions de 2025, a assuré le développement de nombreux pays. Mais rien ne va plus. Dans le Golfe, exposé aux frappes iraniennes, les pétromonarchies qui avaient misé sur des enclaves touristiques parfaites – alliant sécurité, luxe, attractions, hubs aéroportuaires, plages de rêve et paradis fiscaux – voient leurs infrastructures désertées et leurs activités à l’arrêt. Des milliers de travailleurs immigrés ont perdu leur emploi. Pour leurs régions d’origine, en Asie et en Afrique, la disparition des transferts d’argent et la désaffection touristique préparent de terribles crises alimentaires et politiques.

Le pétrole et le tourisme liés

En prenant le contrôle du détroit d’Ormuz, artère vitale du monde, l’Iran a rebattu les cartes de la géopolitique, renforçant la puissance du front anti-occidental, mais aussi celles du développement économique. La crise du Golfe montre combien tourisme international et pétrole sont étroitement liés. Même les États-Unis, premier producteur mondial depuis 2018 avec leurs hydrocarbures de schistes (que l’Europe a longtemps combattus avant de les accepter plutôt que le pétrole russe), souffrent de la désaffection touristique, liée à leur politique agressive, aux méfaits de l’ICE et au coût de la vie.

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Un tourisme de proximité en essor

La guerre du Moyen-Orient redessine ainsi les chemins du tourisme. Aller à grands frais au bout du monde paraît désormais dépassé, presque ringard. Longtemps vu comme une activité antiécologique, le tourisme se réconcilie avec une écologie du quotidien, privilégiant les mobilités douces – vélo, randonnée, train – et les énergies décarbonées. Il mise sur le local, les déplacements de proximité dans des environnements rassurants, des expériences originales, dépaysantes, conviviales et intelligentes. C’est un tourisme de terroir où chaque territoire a sa chance. Inventivité, accessibilité et plaisir mettent le dépaysement à la portée de tous.

Nouvelles tendances : canitourisme et activités insolites

Les montagnes se libèrent du tout-ski. Les villes se réinventent en cités d’histoire et de patrimoine, avec fêtes et festivals. La campagne offre le séjour à la ferme et la découverte de la nature. Pour beaucoup de personnes (11 millions de personnes, dont six millions de femmes, vivent seules en France), prendre des vacances sans se séparer de son animal familier est devenu un critère de choix. Le « canitourisme », qui accueille votre compagnon à quatre pattes, connaît une croissance foudroyante. De plus en plus d’hôteliers confient qu’aux enfants mal élevés, ils préfèrent les chiens, qui paient leur hébergement et ne sabotent pas les buffets du petit-déjeuner ! Séminaires de yoga, initiations à la permaculture ou à la céramique, randonnées avec un âne, séjours en hébergements insolites, expériences culinaires et œnologiques… la gamme de possibilités se déploie partout.

La France, première destination touristique mondiale

Première destination touristique mondiale, la France unit paysages, histoire, gastronomie et fête. L’industrie du tourisme témoigne d’une plasticité et d’une adaptabilité impressionnantes pour réussir, quels que soient les soubresauts du monde, à toujours nous offrir l’envie de sortir de chez nous en quête de nouveaux environnements et de nouvelles expériences. Nul besoin de partir loin, de brûler du kérosène et d’affronter l’inconnu : le bonheur est au coin de la rue.

Sylvie Brunel vient de publier avec Thierry Vezon « Camargue en féerie » (Éditions Alcide).

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