Canicule : les Français dorment à l'hôtel pour trouver la fraîcheur
Canicule : les Français dorment à l'hôtel pour la fraîcheur

Alors que la France subit une cinquième vague de chaleur en moins de cinq mois, certains habitants n'hésitent plus à quitter leur logement pour trouver le sommeil dans des hôtels climatisés. En Occitanie, ce phénomène existe mais reste encore très marginal, selon les professionnels du secteur.

Des citadins en quête de fraîcheur

Vincent, un Toulousain de 40 ans, a décidé de quitter son appartement du centre-ville, devenu étouffant, pour passer plusieurs nuits dans une chambre d'hôtel située à 800 mètres de son logement. « Chez moi, la nuit, il fait plus d'une trentaine de degrés. Je dors très, très mal », déplore ce consultant en relation presse. Il a réservé trois nuits au frais, sous la climatisation, pour près de 300 euros.

Ce n'est pas un cas isolé. Selon Xavier Rousselou, porte-parole d'Hotels.com, « lors des vagues de canicule, nous constatons une très nette hausse des recherches avec le filtre air conditionné ». Entre le 14 et le 23 juin, lors de la deuxième vague de canicule de l'été, les recherches d'hébergements équipés de la climatisation ont bondi de 424 %, un record.

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Un phénomène encore marginal en Occitanie

Brice Sannac, propriétaire de deux hôtels à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) et président de l'UMIH Occitanie, connaît le phénomène, « il n'est pas nouveau ». Pourtant, il ne voit pas les habitants des alentours se précipiter dans ses établissements lorsque le mercure s'affole. « Ici, ce phénomène existe, mais est encore très marginal », explique-t-il. « Les gens qui partent dans des hôtels à côté de chez eux, ça concerne surtout les grandes villes, comme Paris ». Sur le littoral catalan, « les locaux ont accès à la mer, ils ont une piscine ou la climatisation », ajoute-t-il.

À Montpellier (Hérault), même constat. « À ma connaissance, peu voire pas de locaux viennent juste pour la climatisation », lance Camille Galtier, responsable de l'hôtel des Arts et président du Club des hôteliers de Montpellier. Anaëlle Grazioso, responsable réception à l'hôtel Originals Mas de Grille à Saint-Jean-de-Védas (Hérault), précise : « La climatisation, je ne sais pas, mais chez nous, la clientèle locale vient surtout pour bénéficier de notre piscine. Sur nos 52 chambres, on en a toujours 1, 2 ou 3 qui sont réservées par des familles qui viennent juste pour se baigner ».

Dormir à l'hôtel, un vrai budget

Antoine, un Dijonnais de 26 ans habitant à Clichy (Hauts-de-Seine), a passé une nuit à l'hôtel lors de la canicule du mois de mai. « Dans mon appartement, sous les toits, j'étouffais », confie l'informaticien. La réservation a coûté près de 150 euros. « Si j'avais les moyens de rester plus de nuits, je l'aurais fait », assure-t-il.

« C'est un vrai budget de dormir à l'hôtel. Ceux qui souffrent de la chaleur n'ont pas forcément 100 voire 200 euros à dépenser juste pour bien dormir », estime Soraya Chabroud, gérante du Halt Hôtel à Lattes (Hérault).

La climatisation quasi généralisée dans les hôtels montpelliérains

Ce samedi 15 août, dans le centre-ville de Montpellier, le thermomètre dépasse facilement les 30 degrés. Dans les hôtels, l'air est frais et les chambres affichent une vingtaine de degrés. « Presque tous les établissements sont équipés de la climatisation. Chez nous, la première clim a été installée il y a 23 ans », explique Camille Galtier, qui dirige également le Club des hôteliers de Montpellier, une association réunissant près de 70 professionnels locaux. « Notre association comprend des hôtels en tout genre, des établissements bon marché comme des hôtels haut de gamme », souligne-t-il. La climatisation est si répandue que « ce n'est même plus un argument de vente », sourit Camille Galtier.

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