La fréquentation touristique dans les Cévennes a chuté de manière significative à la mi-août 2026, selon un premier bilan. La canicule et la baisse du pouvoir d'achat ont eu des impacts conséquents sur le tourisme, en région comme dans le Gard. Les offices de tourisme de la communauté de communes Cèze-Cévennes enregistrent une perte de fréquentation d'environ 50 % par rapport à 2025, et 61 % des professionnels du secteur déclarent une baisse d'activité en juillet.
Une saison qui s'annonçait prometteuse
L'été 2026 s'annonçait pourtant plutôt positif, selon Xavier Borg, directeur de l'Office de tourisme communautaire Cèze-Cévennes. "La saison a commencé très tôt, on était plutôt optimiste." Mais le mois de juillet, avec ses températures extrêmes sur toute la France, a mis fin à cet espoir. La canicule a limité les déplacements des vacanciers : "Les gens sont là, mais ils font comme les serpents, ils se cachent dans un coin au frais."
Cette baisse de flux est aussi due à un changement des habitudes de prise de renseignements par les touristes, désormais monopolisée par l'usage d'internet. Pour Xavier Borg, les offices de tourisme restent essentiels, ne serait-ce que pour vérifier les informations parfois trompeuses trouvées sur les réseaux. "Les gens viennent chercher des plans et des bons plans."
Une baisse d'activité globale chez les professionnels
La baisse de fréquentation est également ressentie chez les professionnels du tourisme, tous secteurs confondus, selon un bilan mensuel dressé par le pôle Observation et prospective de Gard tourisme. 61 % des 123 entreprises et collectivités interrogées en Cévennes déclarent une baisse du niveau d'activité en juillet 2026 par rapport à la même période l'année dernière. Pour la première fois, 100 % des répondants du secteur commerce et services (boutiques souvenirs, supérettes, offices de tourisme…) ont ressenti cette diminution.
Jean-Pierre, à Anduze, qui vend des souvenirs au cœur de la vieille ville depuis 19 ans, constate une baisse de l'ordre de – 15 %. Une situation inédite pour ce commerçant fort de trois décennies d'expérience : "Il y a vingt ans, je gagnais ma vie et de l'argent. Aujourd'hui, je gagne ma vie sans gagner de l'argent."
Hébergements, restaurants et loisirs en difficulté
Parmi les hébergements et restaurateurs interrogés, 56 % font part d'une activité en baisse, toujours selon cette enquête. Côté sorties et loisirs, 63 % des répondants cévenols déclarent avoir moins travaillé cet été 2026. Toutefois, les sites culturels, dont les grottes, s'en sortent un peu moins mal que d'autres secteurs, pour des raisons évidentes : "Les premières demandes à l'office de tourisme concernent des idées de sorties au frais."
À la Bambouseraie à Générargues, les visiteurs ont apprécié un certain répit de la chaleur grâce à la végétation abondante. Malgré tout, la directrice Valentine Crouzet rapporte une fréquentation en berne, et l'amertume d'une fête d'anniversaire boudée par ses invités se fait ressentir. Le parc cévenol fêtait en effet ses 170 ans. Malgré un programme d'animation touffu, l'affluence n'a pas été satisfaisante : "On ne s'y attendait pas dans le sens où on a beaucoup communiqué, et il y a eu une belle couverture médiatique."
Le rôle des médias et l'évolution de la clientèle
Le rôle des médias est à prendre en compte et a très certainement influencé le choix des Français, à en croire les acteurs du tourisme interrogés. Le relais des informations liées à la canicule et aux incendies a pu contribuer à éteindre les envies de voyage, et ce dans tout le grand Sud. Concernant le profil des vacanciers, Xavier Borg admet une légère baisse de la clientèle étrangère, en majorité belge. Toutefois, elle reste "fidèle". En revanche, le tourisme régional se développe, avec une présence marquée par de nombreux Lyonnais, ainsi que des Montpelliérains qui "commencent à venir".
Malgré une année difficile, Xavier Borg insiste : la destination Cévennes, qui fêtera ses 10 ans en 2027, a de quoi tirer son épingle du jeu. Elle séduit pour son côté "naturel", notamment avec le développement du tourisme cycliste, favorisé par la hausse du coût du carburant, les nombreuses voies vertes et les événements tels l'Étoile de Bessèges.



