Tourisme en Aveyron : un été en demi-teinte, l'arrière-saison en ligne de mire
Aveyron : un été touristique décevant, cap sur l'automne

Jean-Luc Calmelly, président de l'agence départementale attractivité tourisme, a dressé un bilan mitigé de la saison estivale en Aveyron, à quelques jours de la rentrée scolaire. Malgré un bon début de saison, la fréquentation touristique a baissé en mai et en juillet, seul le mois d'août ayant été satisfaisant. L'agence mise désormais sur l'arrière-saison, en septembre et octobre, pour compenser ces résultats en demi-teinte.

Un été décevant, mais une situation comparable aux autres départements

« Cet été n'a pas été à la hauteur de nos attentes », a reconnu Jean-Luc Calmelly. « Malgré un bon début de saison, le mois de mai nous a fait enregistrer une baisse de la fréquentation, juillet également. Août aura été bon, nous n'avions pas d'inquiétude sur ce mois-là, il y a eu beaucoup de monde, même si nous ne connaissons pas encore les chiffres. »

Le président de l'agence départementale nuance toutefois ce constat : « L'Aveyron est logé à la même enseigne que les autres départements, et encore, on s'en sort mieux que ceux de la côte méditerranéenne. » Il souligne que plusieurs éléments indiquent l'entrée dans « un environnement nouveau » qui va obliger le secteur à s'adapter.

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Des disparités entre les professionnels, un effet pouvoir d'achat marqué

La fréquentation n'a pas été homogène sur le territoire, mais les disparités apparaissent davantage entre les professionnels que selon les secteurs géographiques. « Il y a eu un effet canicule, mais il y a aussi un effet pouvoir d'achat », explique Jean-Luc Calmelly. « Un phénomène que l'on sent monter ces dernières années, mais qui, cette année, est beaucoup plus marqué. »

Les restaurateurs sont les premiers à s'en plaindre, tandis que les hébergeurs, comme les Gîtes de France, enregistrent une hausse des réservations de 7 %. « Les réservations faites en début d'année ont été honorées, mais les restaurateurs et les animations souffrent de la baisse du pouvoir d'achat », précise-t-il. Cette situation économique tendue a également eu un impact sur la durée des séjours, qui ont été plus courts.

L'arrière-saison, un enjeu crucial pour le tourisme aveyronnais

Face à ces constats, Jean-Luc Calmelly et les professionnels du secteur misent sur l'arrière-saison. « Je crois, tout comme les professionnels du secteur, que nous devons beaucoup miser sur l'arrière-saison, sur septembre-octobre », affirme-t-il. « Si la météo est bonne, nous savons, qu'en Aveyron, nous pouvons faire de très bons résultats pendant ces mois-là. »

Il souligne toutefois que ces réservations se feront principalement à la dernière minute et que la météo sera déterminante. « Il est donc difficile de se projeter, y compris pour les professionnels, c'est ce qui ressort de nos enquêtes », ajoute-t-il. Cette incertitude rend difficile toute projection pour les acteurs du tourisme.

Une nécessaire adaptation face à la baisse de consommation

Les professionnels, impactés par la baisse de consommation, qu'elle soit économique ou climatique, sont conscients de la nécessité de s'adapter. « La réalité a sauté aux yeux de tout le monde, et tout le monde est conscient qu'il faudra changer beaucoup de choses dans nos habitudes, dans la gestion des horaires, dans les offres proposées aux touristes », explique Jean-Luc Calmelly.

Il insiste sur l'importance de garder cette problématique à l'esprit sur le long terme : « Ce qui compte, c'est que nous l'ayons toujours à l'esprit dans six mois, que ce ne sera pas éclipsé par l'élection présidentielle. » Il appelle à une mobilisation collective : « C'est à nous tous, professionnels et agence d'attractivité et du tourisme, de travailler avec les partenaires institutionnels et privés pour que des choses évoluent avant l'année prochaine, et avant la prochaine canicule. »

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Une clientèle de proximité en hausse, des perspectives pour l'automne

Le contexte économique tendu a également favorisé la consommation touristique des Aveyronnais sur leur territoire, ainsi que celle des habitants des départements voisins. « C'est évident. Le prix du carburant est déterminant », souligne Jean-Luc Calmelly. « Nous avons senti une progression de la clientèle de proximité, y compris les Aveyronnais. Beaucoup de ces derniers redécouvrent le département, plutôt que de faire des milliers de kilomètres pour découvrir des paysages extraordinaires. »

Les principaux visiteurs viennent de l'Hérault, de la Haute-Garonne, du Tarn, des Bouches-du-Rhône et de Paris, qui entretient un lien particulier avec l'Aveyron. À l'aube de la saison automnale, les professionnels, qui étaient inquiets avant l'été, espèrent une amélioration. « Cela fait plusieurs années que juillet n'est un mois formidable en matière de fréquentation : le tourisme ne démarre quasiment pas avant le 20 juillet », rappelle le président de l'agence. « Nos efforts portent, depuis plusieurs années, sur l'élargissement de la fréquentation sur les ailes de saison. Avant l'été, ça a très moyennement marché, donc nous misons beaucoup sur l'après. »