Une étude récente révèle que 62 % des investisseurs âgés de 18 à 34 ans utilisent l'intelligence artificielle (IA) pour les aider dans leurs choix d'investissement, contre seulement 15 % des investisseurs de plus de 55 ans. Cette adoption massive de l'IA par les jeunes générations bouleverse les pratiques traditionnelles du secteur financier.
Une confiance accrue dans les outils numériques
Selon une enquête menée par le cabinet de conseil Deloitte, près de deux tiers des jeunes investisseurs déclarent que l'IA leur permet de prendre des décisions plus éclairées. « Les jeunes ont grandi avec la technologie et n'ont aucune réticence à l'utiliser pour gérer leur argent », explique Marie Dupont, analyste financière chez Deloitte France. L'étude, réalisée auprès de 5 000 investisseurs dans cinq pays européens, montre que 45 % des 18-34 ans utilisent des applications de conseil en investissement basées sur l'IA, contre 8 % des plus de 55 ans.
Les applications d'IA les plus populaires
Les outils d'IA les plus utilisés incluent les robots-conseillers (robo-advisors), qui proposent des portefeuilles personnalisés en fonction du profil de risque de l'utilisateur. Parmi eux, des plateformes comme Yomoni ou Nalo en France connaissent une croissance rapide. « Nous avons vu une augmentation de 40 % du nombre d'utilisateurs de moins de 30 ans au cours des 12 derniers mois », indique Jean Martin, cofondateur de Yomoni. Les jeunes apprécient particulièrement la simplicité d'utilisation et les frais réduits de ces services.
L'impact sur le secteur financier traditionnel
Cette tendance pousse les banques traditionnelles à s'adapter. Selon une étude de l'Observatoire de l'épargne réglementée, 30 % des jeunes investisseurs déclarent avoir quitté leur banque traditionnelle au profit d'une néobanque ou d'une plateforme d'investissement en ligne. « Les banques doivent intégrer l'IA dans leurs offres pour rester compétitives », souligne Pierre Lefèvre, professeur de finance à HEC Paris. L'étude de Deloitte indique que 70 % des jeunes investisseurs seraient prêts à suivre les recommandations d'un algorithme plutôt que celles d'un conseiller humain.
Les risques liés à l'utilisation de l'IA
Cependant, les experts mettent en garde contre une confiance excessive. « L'IA peut reproduire des biais algorithmiques et ne remplace pas une éducation financière solide », prévient Marie Dupont. Selon l'Autorité des marchés financiers (AMF), les plaintes liées à des pertes d'investissement via des applications d'IA ont augmenté de 25 % en 2023. L'AMF recommande de diversifier ses sources d'information et de ne pas se fier uniquement aux recommandations automatisées.
Une tendance appelée à se renforcer
Malgré ces risques, l'utilisation de l'IA dans l'investissement devrait continuer de croître. L'étude de Deloitte prévoit que d'ici 2025, 80 % des investisseurs de moins de 35 ans utiliseront régulièrement l'IA pour leurs décisions financières. « Nous assistons à un changement de paradigme dans la gestion de patrimoine », conclut Jean Martin. Les jeunes investisseurs, en quête de transparence et de performance, sont prêts à adopter pleinement ces nouvelles technologies.



