Réforme des retraites : la désindexation jugée inévitable
Retraites : la désindexation jugée inévitable

Dans un entretien accordé au Point, l'économiste Bertrand Martinot, spécialiste reconnu des questions d'emploi et de protection sociale, a affirmé que la désindexation des retraites sur l'inflation est « inévitable ». Selon lui, cette mesure, qui consisterait à ne plus revaloriser automatiquement les pensions au rythme de la hausse des prix, constitue une piste incontournable pour garantir la pérennité financière du système de retraite français.

Un constat économique sans détour

Bertrand Martinot, qui a notamment été délégué général de l'ANPE et conseiller social de François Fillon, justifie cette position par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. Il estime que la désindexation, même partielle, permettrait de réaliser des économies substantielles à un moment où les finances publiques sont sous tension. L'économiste rappelle que plusieurs pays européens ont déjà eu recours à ce type de mesure pour ajuster leurs régimes de retraite.

Une mesure impopulaire mais nécessaire

L'économiste ne cache pas que cette option serait socialement difficile à accepter, en particulier pour les retraités les plus modestes. Il souligne toutefois que le statu quo n'est pas tenable à moyen terme, compte tenu du vieillissement démographique et de l'allongement de l'espérance de vie. Bertrand Martinot appelle donc les décideurs publics à engager un débat « lucide et apaisé » sur ce sujet, en évitant les postures idéologiques.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des pistes alternatives évoquées

Au-delà de la désindexation, l'économiste évoque d'autres leviers d'ajustement, comme l'évolution de l'âge de départ ou la modification des règles de calcul. Il insiste cependant sur le fait que ces mesures seules ne suffiraient pas à résorber le déficit structurel du système. Selon lui, une réforme d'ensemble est nécessaire, et la désindexation devrait en faire partie intégrante.

Cette prise de position intervient alors que le gouvernement réfléchit à de nouvelles pistes pour financer les retraites, dans un contexte budgétaire contraint. Bertrand Martinot conclut en appelant à une « responsabilité collective » pour préparer l'avenir du système, sans tabou ni démagogie.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale