Retraites : Bercy étudie une désindexation partielle sur l'inflation
Retraites : Bercy étudie une désindexation partielle

Le projet de désindexation des retraites par rapport à l'inflation, qui avait précipité la chute de l'éphémère gouvernement Barnier l'an passé, refait surface. Cet été, Bercy étudierait la piste d'une désindexation, du moins pour les plus grosses pensions, selon des informations rapportées par la presse.

Une idée impopulaire mais jugée nécessaire

Jugée impopulaire mais nécessaire, l'idée fait son chemin. Les voix des experts en sa faveur se multiplient. Le mois dernier, le Comité de suivi des retraites réitérait sa recommandation d'une « sous-indexation cumulée de deux points au moins d'ici 2030 » pour assurer la pérennité du système.

De leur côté, quatre économistes missionnés par le ministre de l'Économie, Roland Lescure, et celui des Comptes publics, David Amiel, rappelaient mi-juillet que « le redressement des finances publiques en Allemagne au début des années 2000 s'est beaucoup appuyé sur l'absence de telles clauses d'indexation ». Ils ajoutaient : « À court terme, une désindexation dans le cadre d'une "année blanche" ne devrait pas être a priori exclue en 2027 ».

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Une mesure qui pourrait s'appliquer aux plus hautes pensions

La piste étudiée par Bercy concernerait spécifiquement les retraites les plus élevées. Cette mesure viserait à réaliser des économies budgétaires tout en préservant les pensions les plus modestes. Le précédent gouvernement Barnier avait tenté une telle réforme, mais celle-ci avait contribué à sa chute.

Le Comité de suivi des retraites, organisme indépendant, avait déjà alerté sur la nécessité de réformer le système pour garantir son équilibre financier à long terme. Sa recommandation d'une sous-indexation cumulée de deux points d'ici 2030 est une piste concrète pour y parvenir.

Un contexte budgétaire contraint

Cette réflexion intervient dans un contexte de finances publiques dégradées. Les économistes missionnés par les ministres soulignent l'exemple allemand du début des années 2000, où l'absence de clauses d'indexation avait contribué au redressement des comptes publics. Ils n'excluent pas une « année blanche » en 2027, c'est-à-dire une année sans revalorisation des pensions.

Si cette mesure était adoptée, elle pourrait permettre de réaliser des économies significatives, mais elle risque de susciter une forte opposition, comme ce fut le cas lors de la tentative du gouvernement Barnier. La question reste donc ouverte, et Bercy semble prêt à explorer cette piste malgré les risques politiques.

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