Un rapport parlementaire publié ce jeudi 2 juillet 2026 alerte sur les conséquences financières de la généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants, une mesure mise en place en septembre 2025. Selon ce document, le dispositif menace directement l'équilibre financier des Crous (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires), avec un déficit cumulé estimé à 80 millions d'euros pour l'année 2025.
Un coût bien plus élevé que prévu
Initialement, le repas à 1 euro était réservé aux étudiants boursiers et aux non-boursiers en situation de précarité. Mais depuis la rentrée 2025, le gouvernement a étendu cette mesure à l'ensemble des étudiants, sans distinction de ressources. Le rapport, rédigé par les députés Jean-Michel Mis (LREM) et Michèle Victory (PS), indique que le coût réel de cette extension est bien supérieur aux estimations initiales. "Le manque à gagner pour les Crous est de l'ordre de 80 millions d'euros, alors que le budget prévu était de 50 millions", précise le document.
Des conséquences sur la qualité des services
Cette situation financière critique pourrait avoir des répercussions directes sur la qualité des services offerts par les Crous. Selon le rapport, plusieurs Crous ont déjà dû réduire leurs horaires d'ouverture, diminuer le nombre de plats proposés ou reporter des travaux d'entretien. "Si rien n'est fait, nous risquons de devoir fermer certains restaurants universitaires", alerte le président de l'Association des directeurs de Crous, cité dans le rapport.
Le rapport souligne également que la fréquentation des restaurants universitaires a bondi de 30% depuis la généralisation du tarif unique, entraînant une augmentation des coûts de production et de personnel. "Les Crous sont confrontés à un afflux d'étudiants non boursiers qui viennent désormais manger sur place, ce qui n'était pas le cas auparavant", explique un responsable de Crous.
Des pistes de solution envisagées
Face à cette situation, les auteurs du rapport proposent plusieurs pistes pour sauvegarder le dispositif tout en préservant l'équilibre financier des Crous. Parmi elles : un retour à un tarif différencié selon les revenus, avec un repas à 1 euro pour les boursiers et à 3 euros pour les autres étudiants. Une autre option serait d'augmenter la subvention de l'État aux Crous, qui s'élève actuellement à 1,2 milliard d'euros par an.
"Il est urgent de trouver une solution pérenne. Le repas à 1 euro pour tous est une mesure sociale importante, mais elle ne doit pas se faire au détriment de la qualité du service", estime le député Jean-Michel Mis. Son homologue Michèle Victory ajoute : "Nous devons concilier l'accessibilité financière et la viabilité économique des Crous."
Une réaction du ministère attendue
Le ministère de l'Enseignement supérieur, interrogé par les auteurs du rapport, a indiqué qu'il étudiait les recommandations. "Nous sommes conscients des difficultés rencontrées par les Crous et nous travaillons à des solutions pour garantir la pérennité du dispositif", a déclaré un porte-parole. Une réunion est prévue dans les prochaines semaines avec les représentants des Crous et les associations étudiantes.
Le rapport parlementaire devrait être examiné par la commission des Finances de l'Assemblée nationale avant la fin du mois de juillet. En attendant, les Crous continuent de servir des repas à 1 euro, mais avec des difficultés croissantes.



