Plan logement Alpes-Maritimes : construire mieux, réguler Airbnb
Plan logement Alpes-Maritimes : construire mieux, réguler Airbnb

Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a présenté ce mercredi 4 juillet 2026 son plan départemental de relance du logement depuis le chantier de l'écoquartier « Cœur de Carnolès » à Roquebrune-Cap-Martin, une ancienne friche militaire de la BA 943 transformée en un lieu de vie mixte de 400 logements. Ce plan, élaboré après six mois de concertation avec les acteurs locaux, vise à répondre à la crise du logement qui frappe le département.

Un constat alarmant : effondrement de la construction

Le préfet a dressé un constat sans appel : la construction de logements s'est effondrée dans les Alpes-Maritimes, passant de 7 900 logements autorisés avant 2020 à seulement 4 035 en 2025. Cette chute a des conséquences directes sur l'attractivité du territoire. « L'absence du logement est le premier frein à l'attractivité », a déclaré Laurent Hottiaux, ajoutant : « Nous sommes en train de payer cette crise pour notre avenir. Les naissances ont reculé de près d'un quart en 15 ans. Nos écoles perdent des élèves chaque année. » Selon la préfecture, neuf entreprises sur dix ont signalé des difficultés de recrutement en raison du manque de logements pour leurs salariés.

Construire mieux : friches et ZAN

Le préfet a insisté sur la nécessité de construire mieux plutôt que de s'étaler. Il a affirmé que les risques naturels et les lois d'urbanisme (Littoral, Montagne) n'empêchent pas toute construction : « Il est faux de dire qu'on ne peut pas construire. Le ZAN (Zéro Artificialisation Nette) n'est pas un frein, elle oblige à construire mieux. » Le plan privilégie la reconquête des friches industrielles ou militaires et la transformation de bureaux obsolètes, plutôt que l'étalement urbain. « Plus on fera de logements, plus on pourra maîtriser la question, également, du prix d'achat mais aussi des loyers parce que c'est le sujet essentiel, a expliqué le préfet. Il faut rééquilibrer l'offre et la demande de logements. On en est encore très, très loin. »

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Loi SRU : l'État reprend la main

Sur les 42 communes du département soumises à la loi SRU, 37 sont déficitaires en logements sociaux. Le préfet a annoncé que « l'État reprendra la main sur la délivrance de permis de construire dans les zones à enjeux ». Dix-sept secteurs clés ont déjà été identifiés, représentant un potentiel de près de 1 000 logements sociaux. De plus, l'attribution des subventions d'investissement de l'État pour les projets municipaux tiendra compte des efforts réels en matière de logement social. Le préfet a également évoqué la mobilisation du foncier public pour y produire du logement.

Régulation des meublés touristiques

Le préfet a appelé les maires à se saisir d'urgence des nouveaux outils de la loi Le Meur du 19 novembre 2024 pour réguler le marché d'Airbnb, qui asphyxie le parc locatif à l'année. « Des outils ont été mis à disposition des maires pour mieux réguler les meublés touristiques, a poursuivi le préfet. Il faut les réguler beaucoup plus, beaucoup plus, y compris sur Nice. » Il a salué l'initiative récente d'Antibes, qui a abaissé de 120 à 90 jours la durée maximale de location d'une résidence principale, et rappelé que les copropriétés peuvent désormais interdire les locations de courte durée à la majorité simple.

Simplifier les procédures

L'État souhaite également s'attaquer aux blocages administratifs et accompagner davantage les communes dans leurs projets de construction. « Le sujet du logement s'est imposé dans les campagnes électorales, a salué le préfet. En soi, c'est une bonne chose. » Il a souligné que les financements sont toujours présents pour les opérations logement. La mise en œuvre de ce plan de relance sera au cœur d'assises départementales du logement dès l'automne prochain.

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