Une annonce immobilière publiée sur Zillow le 29 juillet propose à la vente une maison située à Nunn, dans le Colorado, avec une particularité : l'occupante, Tori McMechan, refuse de quitter les lieux. Les acheteurs potentiels sont informés qu'ils devront gérer eux-mêmes le départ de l'habitante, ce qui a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.
Une bataille judiciaire de 15 ans
Tori McMechan, greffière de profession, vit dans cette maison depuis 2006, date à laquelle son mari l'avait achetée. Après le décès accidentel de son époux en 2010, elle a tenté de reprendre le prêt immobilier à son nom, mais la banque a refusé, prétextant que le nom de son mari figurait toujours sur le contrat. Selon ses déclarations à 9 News, elle aurait pu rembourser le bien dès 2021 si la banque avait accepté ses paiements. "Ils peuvent entrer, mais je ne m'en irai pas", a-t-elle affirmé.
Les archives judiciaires indiquent que le prêt est devenu non performant depuis 2010, ce qui a conduit à une procédure de saisie. Malgré ses tentatives, la Cour d'appel du Colorado a statué que ses arguments ne constituaient pas un motif légal pour empêcher la vente. Tori McMechan compte toutefois exiger un procès devant jury, un droit accordé aux locataires menacés d'expulsion dans certaines circonstances.
Une annonce controversée
L'annonce, partagée par le compte Zillow Gone Wild, précise que les acheteurs ne peuvent pas visiter le bien avant l'achat et qu'il leur incombe de faire partir l'occupante. Cette situation a provoqué de nombreuses réactions sur X, où un internaute a commenté : "215 000 dollars pour une maison squattée, c'est de la folie, peu importe l'endroit. L'intérieur doit être dingue".
Cette affaire met en lumière les difficultés des conjoints survivants face aux banques, ainsi que les tensions autour des expulsions aux États-Unis. Selon le New York Post, l'annonce a été publiée après la décision de la Cour d'appel, ce qui a relancé le débat sur les droits des occupants et la transparence des ventes immobilières.
Des précédents similaires
Ce cas n'est pas isolé. Aux États-Unis, plusieurs ventes de maisons occupées ont déjà suscité des controverses, notamment en raison de l'absence de visite préalable et de la responsabilité laissée aux acheteurs. Les associations de défense des locataires dénoncent ces pratiques, qui peuvent conduire à des situations de stress et d'incertitude pour les occupants.
Pour Tori McMechan, l'avenir reste incertain. Elle espère que le procès devant jury lui permettra de faire valoir ses droits et de conserver sa maison. En attendant, elle continue de vivre dans les lieux, déterminée à ne pas céder.



