Cagnes-sur-Mer : la taxe sur les résidences secondaires double, passant à 40 %
Cagnes-sur-Mer double la taxe sur les résidences secondaires à 40 %

Le conseil municipal de Cagnes-sur-Mer, réuni le jeudi 25 juin 2026, a voté une mesure inattendue : la majoration de la taxe sur les résidences secondaires passe de 20 % à 40 %. Décidée par le maire RN Bryan Masson, cette hausse vise à répondre à la « très forte tension sur l’accès au logement pour la population » et à « inciter les propriétaires à remettre sur le marché des biens non affectés à la résidence principale ».

Une mesure qui divise l’opposition

L’opposition de droite, menée par Lionel Dolciani (héritier de l’ancien maire LR Louis Nègre), dénonce une atteinte au pouvoir d’achat des propriétaires de résidences secondaires. « Une hausse de 250 euros pour un petit trois-pièces ne suffira pas à convaincre un propriétaire de vendre », argue-t-il, ajoutant que ces propriétaires « choisissent notre commune – une station balnéaire – pour venir passer leur temps libre, dépenser leur argent et faire vivre l’économie locale ». De son côté, l’élu Nouvel Énergie craint que « certains proprios vont compenser en faisant du Airbnb. Ça serait complètement contre-productif. »

Un alignement sur les communes voisines

La mesure aligne Cagnes-sur-Mer sur ses voisines comme Vence, La Colle-sur-Loup ou Villeneuve-Loubet, où la majoration atteint déjà 40 %. La commune compte 4 879 résidences secondaires sur un total de 33 000 logements (chiffres 2022). Pour le maire, cette hausse est un outil de « justice fiscale » : « Je crois en la justice fiscale. Ceux qui ont les moyens doivent pouvoir payer un peu plus d’impôts et ainsi contribuer à l’effort collectif. »

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Des propositions alternatives rejetées

L’opposition de droite a proposé une « baisse incitative de la fiscalité, en rendant la location à l’année plus avantageuse que la location meublée », ainsi que la création d’une servitude d’usage dans certains quartiers pour empêcher la location saisonnière des logements neufs. Le maire n’a pas retenu ces suggestions, affirmant qu’il n’y a « évidemment pas qu’une solution » mais insistant sur la nécessité de créer un « équilibre fiscal ».

Comparaison avec Nice et recettes fiscales

L’opposition a également pointé une contradiction avec la politique du maire de Nice, Éric Ciotti, qui a baissé le taux de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de 25,15 % à 21,82 %, tout en maintenant la surtaxe à 60 %. Bryan Masson a balayé cet argument en se présentant comme un technicien. La mesure devrait dégager une « nouvelle recette fiscale », sans chiffre précis, mais le maire a promis d’investir davantage que l’ancienne municipalité.

Un soutien inattendu de la gauche

La gauche, par la voix de Cédric Garoyan (PCF), a salué la mesure, partageant le « sentiment d’injustice à la vue de ceux qui viennent un mois ou deux, trois maximum, et bénéficient de ces services publics mais ne les paient pas à leur juste bénéfice ». Le maire a conclu : « Il n’y a pas que l’été, à Cagnes-sur-Mer ! »

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