TotalEnergies a annoncé, jeudi 27 août, une réduction de son exposition au gaz russe, sans pour autant se désengager complètement du pays. Le groupe français a précisé qu'il cesserait de comptabiliser dans ses résultats la production de certains contrats gaziers en Russie, tout en maintenant ses activités dans le cadre du projet Yamal LNG, conformément aux sanctions internationales.
Une décision progressive et encadrée par les sanctions
Lors d'une présentation aux investisseurs, le directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a expliqué que le groupe ne signerait plus de nouveaux contrats d'approvisionnement en gaz russe. « Nous ne signerons plus de nouveaux contrats en Russie », a-t-il déclaré, ajoutant que l'entreprise se conformerait strictement aux sanctions européennes et internationales.
Cette annonce intervient dans un contexte de pression croissante sur les entreprises européennes pour réduire leurs liens énergétiques avec Moscou. TotalEnergies, qui détenait environ 19 % des parts du projet Yamal LNG, a indiqué que cette participation serait maintenue, car elle n'est pas soumise aux sanctions actuelles. Le groupe a également précisé qu'il ne comptabiliserait plus la production de ses contrats de gaz à long terme avec la Russie dans ses états financiers à partir de 2025.
Un impact limité sur les volumes et les résultats
Selon les informations fournies par le groupe, cette réduction concerne environ 1,5 million de tonnes de GNL par an, soit une part relativement faible de ses volumes totaux. TotalEnergies a souligné que cette décision n'aurait qu'un impact limité sur ses résultats financiers, car les contrats concernés représentaient moins de 2 % de son bénéfice net.
Le groupe a également rappelé qu'il avait déjà cessé d'acheter du pétrole russe depuis 2022 et qu'il avait réduit ses activités dans le pays de manière progressive. « Nous avons déjà réduit notre exposition de manière significative, mais nous ne pouvons pas nous retirer du jour au lendemain sans conséquences juridiques et financières », a ajouté Patrick Pouyanné.
Des critiques persistent malgré les efforts
Malgré ces annonces, des organisations non gouvernementales et des parlementaires européens ont critiqué le maintien de la participation dans Yamal LNG, estimant qu'il contribue au financement de la machine de guerre russe. TotalEnergies a répondu que ce projet était essentiel pour la sécurité énergétique européenne et que son retrait unilatéral exposerait le groupe à des pénalités contractuelles massives.
Le groupe a également indiqué qu'il augmenterait ses investissements dans les énergies renouvelables et le GNL américain, afin de compenser la réduction de ses activités russes. Cette stratégie s'inscrit dans l'objectif de TotalEnergies de réduire sa production de gaz naturel de 20 % d'ici 2030, tout en maintenant sa croissance dans les énergies bas carbone.



