L'affaire Hamza F., un adolescent de 14 ans surnommé « la douane », a provoqué un emballement médiatique et judiciaire. Ciblé par la droite et l'extrême droite pour ses provocations au bord du Canal Saint-Martin à Paris, où il aurait demandé deux euros aux passants sous la menace d'être arrosés d'eau, le jeune a été placé en garde à vue pour vol de téléphone portable. Sur les réseaux sociaux, le cas a fait le buzz, attirant l'attention de Tony Pittaro, ancien employé de CNews devenu influenceur d'extrême droite, et de Pascal Soetens, connu comme « le Grand frère » pour ses interventions télévisées éducatives.
Une proposition de « claque pédagogique » qui suscite l'indignation
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Pascal Soetens a suggéré une « claque pédagogique » pour punir l'adolescent. « À un moment donné, les paroles ne suffisent plus », a-t-il déclaré, ajoutant : « Il faut l'action. On n'a plus le choix, on est obligés d'agir physiquement. » Il a même mimé le geste pour montrer comment administrer cette claque. Ces propos ont provoqué une vive réaction de la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines (LDVR), qui a déposé une plainte contre l'influenceur pour « apologie de la violence caractérisée sur un mineur ».
Pascal Soetens rétropédale et exprime ses regrets
Face à la polémique, Pascal Soetens a publié une nouvelle vidéo dans laquelle il tente de clarifier ses propos. « Si mes paroles ont pu être comprises comme une incitation à la violence envers des mineurs, je le regrette sincèrement. Ce n'était ni mon intention, ni le message que je voulais porter », a-t-il affirmé depuis une salle de sport. Il a mis en avant ses « plus de vingt ans » d'expérience à aider des familles et des jeunes en difficulté, expliquant que ses mots avaient dépassé sa pensée. Il a également justifié son émotion par l'affaire de Louis, 17 ans, tabassé à mort à Narbonne, dont l'agonie a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Cinq suspects, inconnus de la justice, ont été placés en détention provisoire pour ce meurtre.
Une position ambiguë sur la violence éducative
Dans sa déclaration, Pascal Soetens a insisté : « Je ne cautionne aucune violence éducative, aucune maltraitance et aucune atteinte à l'intégrité physique d'un enfant ou d'un adolescent. Je suis avant tout un père de famille et un grand-père qui a réagi avec émotion à une actualité qui nous concerne tous. » Pourtant, dans la vidéo initiale, il proposait de mettre en place « pas une milice parce que c'est dur de dire ça, mais des gros bras qui vont taper des gamins », arguant que « quand il n'y a plus de sécurité, il n'y a plus d'État », et qu'il faut « faire le boulot à votre place ». Cette contradiction soulève des questions sur sa position réelle vis-à-vis des violences éducatives.
La LDVR ouverte à une rencontre
Pascal Soetens a proposé à la LDVR une rencontre pour « trouver un terrain d'entente autour d'un objectif que nous partageons tous : protéger les enfants et favoriser une éducation exigeante, respectueuse et responsable ». Cette discussion pourrait être l'occasion de rappeler l'existence de la loi du 10 juillet 2019, dite « anti-fessée », qui interdit les violences éducatives ordinaires, qu'elles soient physiques ou psychologiques, sur les mineurs. La LDVR n'a pas encore répondu publiquement à cette proposition.



