Nouvelle mesure Ripost : suspension du permis pour usage réitéré de stupéfiants
Permis suspendu pour stupéfiants : la mesure Ripost adoptée

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a défendu un amendement dans le cadre du projet de loi « Ripost » sur la sécurité du quotidien, adopté jeudi à l'Assemblée nationale. Cette nouvelle disposition permet à un préfet de suspendre le permis de conduire d'une personne en cas « d'usage réitéré de stupéfiants », même si elle n'est pas en train de conduire. L'objectif est de « mieux protéger les usagers de la route », a argué le ministre.

Un dispositif provisoire pour six mois maximum

La suspension pourrait être prononcée « à titre provisoire dans l'attente d'une décision judiciaire », et pour « six mois » maximum, a précisé Laurent Nuñez. Il a invoqué « 3 515 personnes mortes sur les routes » en 2025, et le fait que « les stupéfiants sont cités » dans « 11 % » des cas.

Opposition de la gauche et divisions dans la majorité

Cet amendement divise les députés, y compris au sein de la macronie. À gauche, Roger Vicot (PS) a dénoncé : « On est dans la sanction de quelque chose qui n'a pas encore été commis. » Pouria Amirshahi (écologiste) a critiqué une mesure administrative qui pénaliserait quelqu'un pour « une faute qu'il pourrait commettre ». Elsa Faucillon (PCF) a dressé un parallèle avec l'alcool, demandant s'il fallait « retirer un permis » si quelqu'un était retrouvé « en état d'ivresse deux fois » alors qu'il marchait « sur la voie publique ». Ugo Bernalicis (LFI) a jugé la mesure inconstitutionnelle et contre-productive : « à la fin vous allez avoir juste plus de conduite sans permis ».

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La macronie divisée et le RN en soutien

Même le groupe Renaissance s'est coupé en deux. Guillaume Kasbarian s'est dit « dubitatif » : « On vous retire votre permis de conduire alors que vous n'étiez pas en train de conduire, […] il y a en France cinq millions de consommateurs de cannabis. » En revanche, Mickaël Taverne (RN) a défendu la nécessité de « durcir » le projet de loi initial.

Amende pour rodéo urbain portée à 800 euros

L'Assemblée a également adopté un article-phare contre les rodéos urbains. Il étend la procédure d'amende forfaitaire délictuelle au délit de rodéo motorisé, avec un montant de 800 euros. Il prévoit aussi une interdiction administrative de conduire tout véhicule terrestre motorisé, y compris ceux ne nécessitant pas de permis.

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