Nav'Elec, l'électronique embarquée agathoise, fête ses 20 ans
Nav'Elec, l'électronique embarquée agathoise, fête ses 20 ans

Rémy Boyer et sa compagne Liliana Costanza, commissaire du Salon nautique d'automne, ont invité une petite centaine de personnes à partager une soirée, au Cap d'Agde, pour marquer les vingt ans de Nav'Elec. Cette entreprise spécialisée dans l'électronique embarquée pour la navigation s'est imposée au fil des ans comme une référence, auprès des plaisanciers du dimanche comme des professionnels de la pêche.

Créée ex nihilo par un jeune étudiant en électronique, soutenu par sa famille, la société a dû surmonter des débuts hésitants et la crise de 2008 pour conquérir sa place. Aujourd'hui, Nav'Elec emploie cinq personnes, patron inclus, et bénéficie de la confiance des plus grands noms du secteur : Raymarine, Garmin ou encore Furuno.

L'occasion, pour son fondateur, de retracer une aventure entrepreneuriale exemplaire, qui doit beaucoup à une certaine idée de l'audace et du travail bien fait.

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De la vocation d'enseignant à la révélation du nautisme

Rien ne prédestinait Rémy Boyer, Nîmois d'origine, à monter sa propre entreprise. Après des études à Montpellier, il envisageait une carrière de professeur d'électronique en école d'ingénieur ou à l'université. Une perspective qu'il imaginait toutefois difficilement à Paris. « Je n'avais pas vraiment envie de partir à Paris ! », se souvient-il.

Un stage à Port-Camargue va tout changer. Là, il découvre l'électronique embarquée sur les bateaux et une passion naît. « Je m'étais dit que si je ne faisais pas prof, je bosserai là-dedans », explique-t-il.

Une étude de marché prometteuse, un rapprochement manqué

Il y a vingt ans, l'électronique embarquée est en plein essor, même si le secteur demeure une niche. Rémy Boyer réalise une petite étude de marché et identifie le potentiel du Cap d'Agde, qu'il ne connaissait pas vraiment : « C'était le deuxième port de plaisance d'Europe, avec un potentiel d'affaires intéressant. »

Sur place, il découvre une entreprise déjà installée, Sonelec, qui pose des sonars et des radars sur les navires de pêche. Les patrons, proches de la retraite, souhaitent céder leur affaire. « Mais nous ne nous sommes pas entendus sur le prix et j'ai donc décidé de créer ma propre entreprise », raconte-t-il. Un choix décisif.

Le soutien familial, clé du lancement

Entre l'idée et la concrétisation, le fossé semble pourtant immense. Encore étudiant, Rémy Boyer n'obtient aucun crédit. « Je suis allé voir ma banquière, mais j'étais encore étudiant. Autant dire qu'on ne voulait pas me prêter de l'argent », se remémore-t-il. C'est son père, agent EDF, qui s'associe à lui et endosse le risque financier. Nav'Elec est lancée.

Les débuts sont modestes. Le fondateur travaille seul et vit dans son atelier, suivant en cela le conseil de son grand-père, lui-même entrepreneur en électricité. « Il m'a demandé avec combien je vivais lorsque j'étais étudiant. J'ai répondu : entre les repas au resto U et quelques bières avec les copains, disons 150 euros par mois. Il m'a juste dit : monte-la, ta boîte. Tu restes sur le même rythme pendant un an ou deux. Et ça a démarré », se souvient-il avec gourmandise.

La crise de 2008 et la démocratisation des équipements

Pour se faire connaître, le jeune entrepreneur tracte sur les pontons et accepte les missions que « les autres ne veulent pas faire ». Le bouche-à-oreille fonctionne, mais le chemin reste long. La crise économique de 2008 frappe de plein fouet le secteur du nautisme. Paradoxalement, elle s'accompagne d'une démocratisation de l'électronique embarquée : les GPS, radars et sonars deviennent plus simples d'utilisation, ouvrant le marché à une clientèle plus large.

Les grandes marques, Raymarine, Garmin, Furuno, pour ne citer qu'elles, font confiance à la petite structure agathoise. Cette reconnaissance permet à Nav'Elec de se développer progressivement et d'embaucher.

Un acteur reconnu du nautisme agathois

Vingt ans plus tard, Nav'Elec est devenue une entreprise stable, forte de cinq salariés. Elle intervient aussi bien dans l'environnement de la zone technique du Cap d'Agde que sur l'étang de Thau. Elle travaille notamment avec le chantier LittorAL de Marseillan, un partenaire fidèle, et son expertise est saluée par les pêcheurs professionnels comme par les plaisanciers.

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Au-delà de la longévité, c'est bien la place de Nav'Elec dans l'économie locale que cette célébration a mise en lumière. L'industrie nautique agathoise, parfois minorée dans les discours, compte en réalité des entreprises solides comme Nav'Elec, capables de traverser les crises et de s'imposer comme des références techniques.

Un bel anniversaire, en somme, entre pragmatisme entrepreneurial et passion du nautisme.