Micromania-Zing, la célèbre enseigne de jeux vidéo, change de mains. Après plus d’un an de mise en vente par son ancien propriétaire américain Gamespot, ce sont quatre entrepreneurs franco-canadiens qui reprennent le flambeau. L’actionnaire majoritaire est Stéphan Tétrault, propriétaire du groupe éponyme spécialisé dans le jouet. L’objectif est clair : « relancer la marque » dans un contexte où le jeu vidéo physique est menacé de disparition.
Un contexte de digitalisation accélérée
La digitalisation du marché du jeu vidéo s’accentue, notamment avec l’annonce de Sony de ne plus proposer de versions physiques des jeux sur sa console après 2028. Pourtant, cette évolution ne semble pas inquiéter outre mesure la nouvelle équipe dirigeante. Selon Philippe Renaudin, directeur marketing et communication de Micromania-Zing, « ce n’est pas une situation nouvelle ». L’entreprise a déjà anticipé ce virage en proposant en magasin des codes pour des jeux digitaux ou des abonnements en ligne. « Nous avons déjà des choses en place, comme apporter des éditions exclusives ou des packs avec les jeux vidéo et des produits dérivés pour vendre du dématérialisé », précise-t-il.
Une stratégie recentrée sur les produits dérivés
Le cheval de bataille des nouveaux actionnaires est clairement les jeux de cartes à collectionner et les produits dérivés. « Nous avons prévu d’augmenter la part des produits dérivés dans nos magasins. Nous aimerions finir par atteindre un rapport de cinquante-cinquante avec les jeux vidéo », annonce Philippe Renaudin. Ce segment est en pleine expansion : selon une étude de Licensing International et de l’entreprise de Big Data Circana, les produits dérivés ont généré un chiffre d’affaires de 7,5 milliards de dollars en France en 2025.
Une nouvelle force de frappe industrielle
Cette transformation avait déjà été amorcée avec la fusion entre Micromania et Zing Pop Culture en 2017, mais elle s’accélère sous l’impulsion de Stéphan Tétrault. Le Groupe Tétrault possède notamment les magasins MacFarlane Toys, qui produisent des figurines exclusives sous des licences comme Marvel, DC Comics ou des licences sportives (NFL, NBA, UFC). De plus, l’arrivée de Gipsy Toys SAS, spécialisée dans la production et la distribution de peluches, apporte une nouvelle capacité de production. « Nous avons maintenant une capacité de production, ce qui nous permettra de développer de nouvelles exclusivités pour nos clients », se réjouit Philippe Renaudin.
Des magasins repensés et un retour de l’événementiel
Contrairement à d’autres rachats, celui-ci ne s’accompagne pas de fermetures massives. Les quatre actionnaires ont décidé de conserver le parc de trois cents magasins et de « l’améliorer ». « Nous avons besoin d’optimiser notre maillage territorial. Notre but c’est que chaque magasin soit proche de 15 à 25 km du client. Nous allons donc en déplacer certains, mais surtout nous allons en ouvrir de nouveaux, plus grands », explique Philippe Renaudin. Ces flagships Micromania feront environ 500 mètres carrés et permettront d’organiser des événements et de proposer des exclusivités.
L’événementiel est également un axe de développement fort. « Nous étions les premiers à organiser nos événements avec le Micromania Gaming Show au début des années 2000. Nous voudrions retrouver cela », déclare le cadre de l’entreprise. En plus d’événements hors magasins, Micromania compte organiser des animations régulières, avec des thématisations chaque semaine.
Des résultats financiers en baisse
En 2025, Micromania avait enregistré un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros, contre 11 millions en 2024. La nouvelle stratégie franco-canadienne devra inverser cette tendance. Reste à voir si le pari des produits dérivés et de l’événementiel portera ses fruits.



