Les frères Nicollin reviennent sur leur décision
Huit jours après avoir annoncé par communiqué l'arrêt des négociations avec le groupement d'investisseurs GSS, Laurent et Olivier Nicollin ont tenu une conférence de presse ce mardi 7 juillet au centre d'entraînement de Grammont. Ils ont souhaité expliquer "le pourquoi du comment" de ce revirement, selon leurs propres termes.
Olivier Nicollin, PDG du Groupe Nicollin, a précisé que les discussions portaient sur une vente "totale" du club. "On était plutôt bien avancé avec des gens très sérieux, qui avaient fait une offre sérieuse et avaient un projet très sérieux", a-t-il déclaré. "Mais sur une dernière discussion, après avoir pesé le pour et le contre, on s'est aperçu qu'il y avait plus de 'moins' dans la colonne."
Les raisons du changement de cap
Laurent Nicollin, président du MHSC, a assuré que ni la capacité financière de GSS ni le sort du domaine de Grammont n'étaient en cause. "La proposition nous satisfaisait. Grammont, il y avait une idée de leur part de le racheter dans les prochaines années. Et si on n'avait pas changé d'avis, on se verrait peut-être aujourd'hui pour vous annoncer la vente", a-t-il affirmé.
La dimension affective a joué un rôle prépondérant. Laurent Nicollin a évoqué leur père Louis Nicollin, fondateur du club en 1974 : "Même s'il y a longtemps qu'il nous aurait dit 'vendez tout et cassez-vous'." Olivier Nicollin a renchéri : "Si ce n'était que comptable, on aurait jeté l'éponge depuis longtemps. C'est la folie du sport."
Un attachement familial indéfectible
Olivier Nicollin a poursuivi : "On a fini par se dire que notre histoire, celle de la famille, ne pouvait pas se terminer sur un échec, avec l'amertume de la relégation, du stade qui ne se ferait pas, de la chute des droits TV. On s'est retourné vers le passé et en même temps sur l'avenir, on s'est dit que l'histoire ne pouvait pas être finie parce qu'on aime notre ville, qu'on y est né, que le club fait partie intégrante de notre vie, qu'il représente les plus grandes et belles émotions de notre vie hormis la famille, mais aussi les plus grandes déceptions et tristesse."
Restructurations et appel aux investisseurs locaux
Passé ce revirement, le MHSC doit préparer l'avenir sans les ressources d'un investisseur extérieur. "On assume et on assumera", a promis Olivier Nicollin. Laurent Nicollin a confirmé que des restructurations sont en cours : "On va restructurer beaucoup de services, de domaines, notamment dans la data." Il restera président, "à moins d'un putsch", a-t-il plaisanté.
L'idée d'une ouverture du capital à des investisseurs régionaux est néanmoins envisagée. "Il y aura peut-être plusieurs épisodes dans l'été ou l'automne. Le projet n'est pas structuré, l'idée pas peaufinée. Mais l'envie est d'avoir des forces vives de la région. Il y a plein de belles sociétés dans le secteur, trouver le moyen avec eux de faire grandir encore le club", a expliqué Olivier Nicollin.
Une recrue imminente et un budget réduit
Sportivement, une recrue est attendue sous peu. Laurent Nicollin a indiqué qu'un accord était "tombé il y a une heure" sans donner de nom, mais il pourrait s'agir de Florian Tardieu, ex-milieu de Saint-Étienne. Le budget pour la saison 2026-2027 est fixé à "19-20 millions d'euros", selon Olivier Nicollin, après que le club a "passé en détente la DNCG en juin". Ce montant est inférieur aux 28 millions de la dernière campagne, mais dans la fourchette haute de la Ligue 2, loin des rumeurs de 12 millions.
Objectif prudent pour la saison à venir
L'objectif pour la saison qui débutera le 8 août contre Dijon reste mesuré. "Prenons du plaisir déjà, que les gens soient heureux", a répondu Laurent Nicollin, un an après avoir tablé sur les play-offs. "Le championnat de L2 est le plus fort depuis des années, avec une douzaine de clubs qui ont évolué en L1. Essayons déjà de prendre du plaisir." L'histoire du MHSC continue donc de s'écrire sous la houlette de la famille Nicollin.



